Jeux gais 2006 à Atlanta? - Montréal croise les doigts

Les négociations entre la Federation of Gay Games (FGG) et le comité organisateur des Jeux gais de Montréal 2006 ont échoué dans la nuit de samedi à dimanche, après plus de 18 heures de pourparlers. La FGG refuse toujours de laisser la responsabilité financière de l'événement au Comité de Montréal, qui juge cette exigence «inacceptable».

Après deux ans de négociations, la réunion de samedi était la dernière tentative pour les deux parties d'arriver à une entente. La FGG doit annoncer aujourd'hui si elle accorde toujours les Jeux à Montréal.

La directrice générale du Comité Montréal 2006, Louise Roy, affirme toutefois qu'il y aura quand même des Jeux gais dans la métropole québécoise dans trois ans, peu importe la décision de la FGG. Elle souligne que 92 % des équipes sportives dans le monde ont affirmé qu'elles allaient venir à Montréal, même si l'événement n'était plus chapeauté par la Fédération. Le Comité travaille depuis deux ans à l'organisation des Jeux et a déjà reçu plusieurs appuis financiers, publics et privés, totalisant cinq millions de dollars.

Les membres de la FGG se réunissent aujourd'hui à Chicago et doivent décider du sort des Jeux de 2006. La Fédération peut décider de retirer les Jeux à Montréal et de les accorder à une autre ville. Mais, selon Mme Roy, plusieurs membres de la Fédération appuient la position de Montréal et vont voter pour que la ville conserve l'événement. Elle soutient que le contrôle de la FGG exercé sur l'organisation des Jeux est jugé par plusieurs équipes sportives comme étant excessif.

Le Fédération demande en effet de gérer les dépenses de l'événement, même si plus de 50 % des fonds sont amassés par le Comité de Montréal. L'autre moitié du financement est déboursé par les athlètes qui participent aux Jeux.

Pour Mme Roy, cette demande est «inacceptable» et aurait pour conséquence le retrait du financement public. D'après elle, les différents paliers de gouvernement ne pourraient pas accepter que des fonds publics soient gérés par une organisation qui a son siège social aux États-Unis.

La directrice du Comité Montréal soutient également qu'il n'est pas du tout dans l'intérêt de la Fédération d'organiser des Jeux gais en même temps que Montréal. La popularité de la ville au sein de la communauté gaie internationale est élevée et les athlètes vont privilégier la métropole à toute autre destination, affirme Mme Roy.

Rappelons que Le Devoir a obtenu copie la semaine dernière d'un document confidentiel de la FGG qui indiquait toutes les étapes nécessaires pour faire la transition entre Montréal et la ville qui a terminé deuxième lors de la sélection en 2001, soit Atlanta, si les négociations de samedi échouaient.

Un article publié dans le Southern Voice Online, un média américain, révélait également que des discussions étaient en cours entre la FGG et l'organisatrice de la candidature d'Atlanta, Margie Archer, pour tenir l'événement dans la ville américaine si Montréal n'acceptait pas les exigences de la Fédération. Un porte-parole de la FGG a cependant nié par la suite que des pourparlers étaient en cours avec Atlanta.