L’AUF et l’UQTR s’allient pour améliorer la production agricole

Jacinthe Leblanc Collaboration spéciale
L’objectif du projet de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable est ultimement de réduire la pauvreté en milieu rural grâce aux énergies renouvelables.
Photo: Agence France-Presse (photo) Junior D. Kannah L’objectif du projet de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable est ultimement de réduire la pauvreté en milieu rural grâce aux énergies renouvelables.

Ce texte fait partie du cahier spécial Francophonie (2014)

Dans le cadre de la semaine de la Francophonie, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) tiendra une réception à Québec, le 20 mars prochain. Sur le thème de l’énergie et du développement durable, ce sera l’occasion, entre autres, d’entendre parler du nouveau projet de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) sur les technologies d’énergie renouvelable.

L’événement du 20 mars prochain, organisé conjointement par le ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec et l’IFDD, veut « sensibiliser la population québécoise et canadienne au travail de la Francophonie », explique Louis-Noël Jail, chargé de communication à l’IFDD. « Chaque année, précise-t-il, l’Institut organise un événement dans le cadre de la [semaine de la] Francophonie, puisqu’on est un organe subsidiaire de l’Organisation internationale de la Francophonie. »

 

De l’IEPF à l’IFDD

 

Jadis connu sous le nom de l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie (IEPF), l’Institut a changé son nom il y a un peu plus d’un an. Fatimata Dia, directrice de l’IFDD, assure que ce changement de nom, qui s’est opéré dans la foulée de l’après-Rio+20, « renforce l’orientation de l’Institut » et permet de mieux aborder « les questions d’environnement et d’énergie dans une perspective de développement durable ».

 

Concrètement, l’IFDD organise pour les pays membres de la francophonie « des formations assez pointues en gestion, en planification des politiques énergétiques », raconte M. Jail. Ces formations, poursuit-il, s’adressent principalement « aux cadres des ministères, aux décideurs des ministères. Mais on les élargit de plus en plus à la société civile ».

 

Ainsi, la thématique de la réception du 20 mars prochain donnera la possibilité à l’Agence universitaire de la Francophonie, l’AUF, un des partenaires de l’IFDD, de présenter son nouveau projet intitulé Technologies d’énergie renouvelable pour l’amélioration de la production agricole. Le choix d’inviter l’AUF à présenter son projet relève de leur champ d’intérêt semblable, les deux institutions s’intéressant aux questions d’énergies renouvelables. « Le but du 5 à 7, continue M. Jail, c’est d’inviter les partenaires de la région de Québec qui oeuvrent dans le domaine de l’environnement et du développement durable de l’énergie et de parler du travail de la francophonie dans ce domaine. » Ainsi, aborder le projet collectif de l’AUF et de l’UQTR permettra d’atteindre cet objectif.

 

Coopération scientifique Nord-Sud

 

Car il faut savoir que l’UQTR mène le projet de front en partenariat avec deux écoles du Sénégal, explique Mamadou Lamine Doumbia, professeur au Département de génie électrique et génie informatique à l’École d’ingénierie de l’UQTR et participant au projet sur les technologies d’énergies renouvelables mené par le professeur Kodjo Agbossou. Il s’agit de « l’École supérieure polytechnique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, mentionne M. Doumbia. D’autres partenaires du Sud, y compris d’Amérique latine, pourront se joindre au projet. »

 

« L’objectif ultime du projet, indique le professeur, est la réduction de la pauvreté, surtout en milieu rural, grâce à l’utilisation des énergies renouvelables dans la production agricole. » Deux volets constituent ce projet qui s’étend sur quatre ans. D’abord, l’aspect recherche, qui vise à « développer des systèmes d’énergie renouvelable », servira à « des applications de pompage d’eau pour l’agriculture […] et l’électrification », spécifie-t-il. Ces recherches porteront principalement sur l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne. Puis, le volet formation viendra « renforcer les capacités des partenaires locaux qui ont des programmes de maîtrise en énergies renouvelables », note M. Doumbia.

 

L’AUF, un partenaire financier

 

Le rôle du Bureau des Amériques de l’AUF dans ce projet en est un de partenaire financier, souligne Jean-Philippe Labrecque, coordonnateur régional des projets à l’Agence. En effet, le projet universitaire est financé par le programme GIRAF, acronyme pour Grandes initiatives de recherche, d’animation et de formation de l’AUF, visant à « appuyer l’université dans le montage du consortium et des partenariats liés à la mise en oeuvre du projet, mais tout en gardant l’autonomie du chercheur et de l’université dans le contenu du projet », comme le précise M. Labrecque.

 

Un critère incontournable du programme de financement est la « coopération scientifique Nord-Sud ». Le coordonnateur mentionne d’ailleurs que « ce qui est intéressant pour nous, c’est d’associer justement des travaux qui se font ici au Nord, ce qui est surtout de la recherche fondamentale, [avec ceux du Sud] dans le cadre de recherche appliquée ». Il y a un échange scientifique qui se fait et qui est bénéfique pour tous les participants.

 

De plus, par son important réseau de contacts s’étendant sur cinq continents, l’équipe du Bureau des Amériques souhaite partager cette « position privilégiée […] stratégique » le plus possible « avec l’Agence et ses universités membres », indique Jean-Philippe Labrecque. Il précise par ailleurs que les résultats du projet seront diffusables et exportables, mais que les façons de faire restent à déterminer.

 

La francophonie et les francophiles

 

L’Agence universitaire de la Francophonie est également active dans les pays francophiles. Comme le souligne Virginie Mesguich, chargée des communications et des relations extérieures au Bureau des Amériques de l’AUF, l’Agence peut être présente « dès lors qu’il y a un lien avec la francophonie, soit un département de langue française [par exemple]. Et là, les universités peuvent intégrer l’Agence à titre de membre associé. »

 

L’AUF a donc un mandat international qui va au-delà des universités francophones, intégrant ces établissements ayant un intérêt au développement de leur francophonie. Et ce mandat ressort dans le projet collectif avec l’UQTR. Des partenaires d’Amérique latine, soit une université de la Colombie ou du Brésil, soulève Jean-Philippe Labrecque, pourraient d’ailleurs se joindre à ce projet de recherche sur les technologies d’énergie renouvelable.