Jeux gais - La fédération nie l'existence d'un plan B

La Federation of Gay Games (FGG) soutient qu'il n'existe «aucun plan B pour le moment» et «qu'aucune autre ville n'a été sélectionnée» advenant l'échec des pourparlers prévus demain avec le comité organisateur des Jeux gais de Montréal 2006.

Pourtant, Le Devoir a obtenu hier une copie d'un document confidentiel de la FGG indiquant toutes les étapes nécessaires pour faire la transition entre Montréal et la ville qui a terminé en deuxième place lors de la sélection en 2001, soit Atlanta, si les deux parties n'arrivent pas à une entente demain.

Un article publié dans le Southern Voice Online, un média gai américain, révélait également que des discussions étaient en cours entre la FGG et l'organisatrice de la candidature d'Atlanta, Margie Archer, pour tenir l'événement dans la ville américaine si les négociations avec Montréal échouaient.

Interrogé au sujet de cet article, le porte-parole de la FGG, Jake Stafford, a affirmé que «c'est complètement faux» et que les discussions entre la FGG et Mme Archer «ne sont que des rumeurs».

M. Stafford n'a cependant pas nié l'existence d'une procédure de transition, affirmant que celle-ci n'est valable que si Montréal décidait de faire cavalier seul et d'organiser les jeux sans la FGG. «Mais nous n'en sommes pas du tout rendus là», a affirmé le porte-parole.

«La fédération aime Montréal, c'est pour cette raison que cette ville a été choisie. Nous souhaitons vraiment la résolution d'une entente», a ajouté M. Stafford.

Selon Jean Heon, porte-parole du Comité Montréal 2006, un «complot» est peut-être en cours contre Montréal pour que la ville n'obtienne pas les Jeux gais. Comme 46 % des athlètes proviennent des États-Unis, plusieurs personnes privilégiaient au départ une ville américaine pour la tenue de l'événement.

Le comité négocie avec la FGG depuis deux ans et aucune entente n'a encore été signée. De plus, la FGG a ajouté deux nouvelles conditions au cours de l'année dans de nouvelles versions du contrat. La fédération demande ainsi que l'événement rassemble un maximum de 12 000 athlètes alors que Montréal souhaite en accueillir 16 000. Elle exige aussi que ce soit elle qui assure la responsabilité financière de l'événement et non les organisateurs.

M. Stafford a soutenu qu'il faut être «réaliste» dans l'organisation de l'événement et ne pas prévoir la venue d'un trop grand nombre d'athlètes. Il a souligné que l'année dernière, alors que Sydney attendait 15 000 personnes, seulement 11 000 athlètes s'étaient déplacés. «Les quatre derniers Jeux ont été déficitaires. Notre craignons que de cinquièmes Jeux déficitaires ne mettent en péril le futur des Jeux gais. Et le rôle de la fédération, c'est de faire en sorte que les Jeux continuent.»

M. Heon a répliqué en disant que les Jeux ne peuvent pas être rentables avec seulement 12 000 athlètes et qu'ils nécessitent la participation de 16 000 personnes pour assurer un financement adéquat de l'événement. Il a ajouté que Montréal est la première ville à bénéficier d'une aide financière gouvernementale et municipale. À trois ans des Jeux, le comité a déjà amassé plus de cinq millions.

Pour M. Heon, la clause de la responsabilité financière est «inacceptable» pour les partenaires publics. «Nous avons un conseil d'administration légalement constitué qui, aux yeux de nos partenaires, est le seul responsable de la gestion des fonds. La fédération veut se substituer à ce conseil d'administration pour décider au final comment l'argent va être dépensé. Nous ne pouvons pas accepter ça», a-t-il déclaré.

Quoi qu'il en soit, le Comité Montréal affirme qu'il a l'intention de négocier de bonne foi avec la fédération demain et qu'il souhaite conclure une entente.