Les Jeux gais de Montréal donnent lieu à une lutte de pouvoirs

Les organisateurs des Jeux gais de Montréal 2006 n'ont pas l'intention de se plier aux désirs de la Federation Gay Games (FGG), qui voudrait que l'événement montréalais soit moins imposant que prévu. En conférence de presse hier, les commanditaires des Jeux, ainsi que les trois paliers de gouvernement, ont réitéré leurs appuis à la position des organisateurs, qui doivent se rendre à Chicago en fin de semaine pour négocier une entente avec la FGG.

Deux sujets de discorde sont apparus il y a quelques mois, soit bien après l'annonce que Montréal serait l'hôte des Jeux gais 2006. La FGG voudrait que l'événement montréalais rassemble un maximum de 12 000 athlètes et que la responsabilité finale du financement soit imputable à la Fédération, et non pas aux organisateurs.

Dans les deux cas, les organisateurs de Montréal 2006 n'entendent pas bouger. «C'est vraiment deux façons de voir l'avenir des jeux qui s'affrontent, explique Louise Roy, directrice générale du Comité organisateur des Jeux Montréal 2006. Certains voudraient des jeux plus petits avec moins de participants, alors que d'autres voudraient que l'événement soit le plus grand possible.»

La FGG est responsable du nom Gay Games, qu'elle vend un million de dollars. Elle balise aussi les épreuves et la façon d'organiser les jeux. Dans le plan initial des organisateurs de Montréal, la ville devait recevoir 24 000 athlètes. La FGG en veut plutôt 12 000. Selon Louise Roy, 16 000 athlètes sont nécessaires à la rentabilité de l'événement. Les 16 000 inscriptions seraient d'ailleurs pratiquement assurées, d'après les organisateurs.

Autre point en litige, la FGG voudrait être responsable du financement. Une situation impossible sur laquelle le comité ne bougera pas. «C'est nous qui signons les contrats, c'est à nous d'être responsable des fonds, tranche Louise Roy. C'est vraiment un excès de contrôle de leur part. On va payer notre million et c'est tout.»

On tentera de résoudre le litige au cours de la rencontre prévue à Chicago. «C'est préférable de s'entendre, mais sinon, on va tenir les jeux quand même, soutient la directrice générale. Le message est clair là-dessus, il y aura des jeux gais à Montréal en 2006. Nous avons eu la confirmation des équipes sportives qu'elles viendraient à Montréal même si le nom devait être différent.»

Ce n'est pas la première fois que la FGG a maille à partir avec une ville hôtesse. «On m'a dit que, chaque fois, il y avait des frictions. Mais c'est la première fois qu'aucune entente n'est signée après deux ans», souligne Louise Roy.

La FGG a récemment soutenu dans les médias américains que si Montréal n'était pas coopérative, un plan B existait. «Ça reste à voir», affirme l'organisatrice, qui ne semble pas y croire. Les Jeux gais sont dotés d'un budget de 16 millions de dollars et devraient attirer 16 000 athlètes. Les retombées économiques sont évaluées à 180 millions.