Toujours pas de verdict - Procès Boucher: le jury délibère

Le jury au procès de Stéphane Boucher, accusé d'avoir tué le policier Benoît L'Écuyer en février 2002, a complété hier sa première journée de délibération sans être parvenu à un verdict.

À la suite de trois semaines de témoignages, le jury, composé de sept hommes et cinq femmes, a été séquestré jeudi soir, après avoir entendu les recommandations du juge James Brunton. Lors de ses recommandations, le juge a notamment expliqué aux jurés en quoi consistait la notion de «légitime défense», plaidée par Stéphane Boucher et son avocat, Me Christian Gauvin, pendant le procès.

Le matin du 28 février 2002, les policiers L'Écuyer et Bilodeau entendent des crissements de pneu et aperçoivent une voiture de luxe occupée par trois jeunes. Les policiers décident alors de procéder à une inspection de routine quand Boucher, au volant de la voiture, appuie sur l'accélérateur. Une poursuite commence sur l'autoroute Métropolitaine et se termine brusquement lorsque Boucher, après une crevaison, percute un muret de ciment.

Le jeune homme de 26 ans, l'arme à la main, décide de s'enfuir en courant dans le trafic matinal. Le policier L'Écuyer part à ses trousses et des coups de feu sont tirés.

Lors de son témoignage, Boucher a raconté avoir entendu deux coups de feu tirés dans sa direction et senti une balle lui effleurer la main. Craignant pour sa vie, il a sorti son revolver et a abattu le policier de plusieurs projectiles. Mais selon le témoignage de plusieurs témoins, c'est plutôt Boucher qui a tiré le premier.

Si le jury rejette la version de légitime défense défendue par l'accusé et son avocat, il doit décider si Boucher est coupable de meurtre au premier degré (avec préméditation), au deuxième degré ou d'un homicide involontaire.

Une chanson

La Fraternité des policiers et policières de Montréal s'est par ailleurs insurgée hier contre les propos tenus mercredi par l'avocat de la défense, Me Gauthier, et diffusés hier matin sur la radio de Radio-Canada. Selon la Fraternité, en chantant «I shot the sheriff, but I swear it was in self-defense» à la sortie de la cour, Me Gauthier a couvert sa profession «d'un déshonneur qui sera difficile à oublier».

«Un père a été retiré à sa famille de manière brutale et sanglante, retiré à sa famille proche et professionnelle. [...] Cette perte mérite-t-elle une remarque aussi cynique, acerbe et si peu éthique?», demande la Fraternité dans un communiqué transmis hier.

La Fraternité souhaite déposer une plainte contre Me Gauthier devant le comité de déontologie du Barreau.

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