Mort d’Ashley Smith - Le jury d’enquête conclut à l’homicide

Ashley Smith est décédée sous le regard des agents correctionnels.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ashley Smith est décédée sous le regard des agents correctionnels.

Toronto – Le jury à l’enquête du coroner sur la mort d’Ashley Smith a conclu que le décès de la jeune femme par asphyxie dans sa cellule d’isolement était un homicide. L’avocat de la famille Smith a aussitôt demandé aux autorités de mener une enquête criminelle sur l’administration de la prison pour femmes de Grand Valley, en Ontario.

 

Cinq verdicts étaient possibles pour déterminer la cause du décès de la jeune femme de 19 ans qui s’est enlevé la vie en octobre 2007 : mort naturelle, mort accidentelle, suicide, homicide, ou cause indéterminée. Dans le contexte d’une enquête du coroner, un verdict d’homicide est neutre et n’implique pas de responsabilité ou de blâme, a déjà indiqué le docteur John Carlisle, qui présidait l’exercice.

 

La jeune femme, originaire de Moncton, au Nouveau-Brunswick, était âgée de 19 ans. L’enquête du coroner avait débuté en janvier, et a comporté une partie d’audiences publiques.

 

Ashley Smith, qui avait tendance à s’automutiler, est décédée sous le regard des agents correctionnels. On a appris à l’enquête que les agents, qui s’étaient d’abord précipités au secours de l’adolescente, ont laissé faire parce qu’ils avaient eu la directive de ne pas intervenir tant que la jeune détenue respirait encore.

 

L’avocat de la famille Smith, Julian Falconer, prenant la parole après le verdict à Toronto, a soutenu que les autorités devraient rouvrir une enquête criminelle pour les cadres qui ont donné ces directives. « Il est grand temps que les personnes en charge soient tenues pour responsables », a-t-il dit.

 

« Service correctionnel Canada [SCC], durant mes décennies de pratique dans ce domaine, a prouvé qu’il était un organisme incontrôlable et non imputable. C’est honteux. »

 

L’avocat réclame la démission immédiate du commissaire de SCC, Don Head, qui a mis en garde les jurés contre la possibilité de présenter des recommandations dont la mise en place pourrait coûter cher aux contribuables.

 

Quatre membres du personnel de première ligne avaient été initialement accusés de négligence criminelle ayant causé la mort, mais ces accusations ont été plus tard retirées.

 

En entrevue, la mère d’Ashley Smith, Coralee Smith, a dit être « très heureuse ». « Les jurés ont fait preuve de beaucoup de courage en posant ce geste, et ils ont pris la bonne décision. C’est la fin, et je crois qu’Ashley est en paix. »

 

104 recommandations

 

Au total, 104 recommandations ont été présentées pour éviter des tragédies similaires. Le jury propose notamment que les détenues souffrant de graves problèmes de santé mentale ou affichant des comportements d’automutilation purgent leur peine dans un centre de traitement fédéral, et non dans un établissement plutôt carcéral, d’abolir l’obligation, pour les intervenants, d’exiger une autorisation préalable s’ils déterminent qu’une intervention immédiate est nécessaire pour sauver une vie et d’abolir la mise en confinement à durée indéterminée, d’interdire l’isolement à long terme de plus de 15 jours.

 

Ashley Smith a passé les trois dernières années de sa vie en isolement.

2 commentaires
  • simon villeneuve - Inscrit 20 décembre 2013 03 h 42

    je reve ?

    "Ashley Smith a passé les trois dernières années de sa vie en isolement."

    Cela n'a aucun bon sens, les cadres ont mener cette jeune femme au suicide, c'est evident.

  • Georges LeSueur - Inscrit 20 décembre 2013 10 h 29

    Un cas douloureux

    Un homicide ? Cette conclusion paraît boiteuse. La jeune fille était dérangée ; elle pratiquait fréquemment l'auto-stangulation et donnait beaucoup de difficulté à ses gardiens. Quelle aurait été la meilleure solution ? Pouvait-elle ne plus être en isolement sans nuire à son entourage ? Accuser est facile, vu de loin !