L’inondation historique en Alberta a marqué 2013

Les inondations en Alberta ont touché le quart du territoire, atteignant même Calgary. Malgré les dégâts engendrés, le célèbre Stampede a eu lieu sur le site du stade Saddledome.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jonathan Hayward Les inondations en Alberta ont touché le quart du territoire, atteignant même Calgary. Malgré les dégâts engendrés, le célèbre Stampede a eu lieu sur le site du stade Saddledome.

Le palmarès des événements météorologiques de l’année 2013 accorde sans surprise la première place à l’inondation historique survenue en juin, en Alberta. Quant au Québec, il s’est surtout démarqué par… une absence d’événement extrême, a indiqué jeudi Environnement Canada.

 

L’inondation en Alberta a touché le quart du territoire de cette province, laissant derrière elles 1000 kilomètres de chemins détruits et plusieurs pertes d’infrastructures. Il s’agit de la catastrophe naturelle la plus dévastatrice de l’histoire du Canada, ont indiqué les représentants d’Environnement Canada, qui ont rencontré la presse, à Montréal, comme ils le font tous les ans à cette période-ci de l’année.

 

« Les 20 et 21 juin, ce sont plus de 100 000 personnes qui ont été forcées de quitter leur domicile. Plus de 1000 kilomètres de routes ont été détruits. Des centaines de ponts et de ponceaux ont été emportés par les torrents et des milliers de maisons et de voitures ont été endommagées. On parle de six milliards de dollars de dommages ; la catastrophe naturelle la plus coûteuse de notre histoire, dépassant même le verglas de 1998 », a résumé Brigitte Bourque, météorologue à Environnement Canada.

 

La Ville Reine sous l’eau

 

Les pluies torrentielles à Toronto, le 8 juillet, arrivent en deuxième place. De 16 h 20 à 18 h 30, cette journée-là, Toronto a reçu plus de pluie qu’elle en reçoit normalement durant tout le mois de juillet.

 

L’été le plus froid depuis quinze ans dans l’est de l’Arctique arrive au cinquième rang, mais il s’agit d’un phénomène intéressant au plan « macro-environnemental ». Les scientifiques surveillent en effet la banquise depuis des années, comme un baromètre des changements climatiques. Or, cette fois, la fonte de la glace de mer dans l’Arctique canadien a ralenti, ce que Mme Bourque a qualifié d’« encourageant ». Elle invite toutefois à la prudence : « Ce n’est pas en regardant une seule année d’observation qu’on peut affirmer si, oui ou non, la banquise se rétablit vraiment. »

 

Au Québec

 

Le Québec n’a pas d’événement météo qui fait partie des dix premières positions canadiennes, si ce n’est une participation indirecte. Environnement Canada a en effet classé au sixième rang canadien le blizzard du 8 février qui a sévi dans l’est du pays, particulièrement sur la côte atlantique. Le Québec et l’Ontario avaient alors reçu de la poudrerie et des vents violents.

 

René Héroux, météorologue à Environnement Canada, a précisé qu’en 2013, le Québec s’est distingué par une absence d’événement météo dit extrême.

 

L’événement le plus marquant au Québec a eu lieu le 19 juillet, lors du début des vacances de la construction. De forts orages et une micro-rafale avec des vents qui ont dépassé les 100 km/h ont alors sévi, entraînant la chute de plusieurs branches d’arbres, voire d’arbres entiers. Quelque 500 000 abonnés d’Hydro-Québec avaient alors été privés d’électricité, dont certains pendant plusieurs jours.

 

« Qu’il n’y ait rien eu au Québec, ça n’exclut en rien, ça ne met pas en doute le fait que les changements climatiques sont présents, parce que la principale caractéristique de notre climat, c’est sa variabilité, justement. Donc, qu’il n’y ait pas eu d’événement [météorologique extrême] au Québec, ça n’empêche pas le réchauffement à l’échelle globale. La difficulté, c’est toujours qu’on ne peut pas apposer une étiquette à un événement pour dire “cet événement-là, des pluies en Alberta, est un événement dû aux changements climatiques”. Parce qu’il y en a eu, dans le passé, de ces événements-là. Ça s’inscrit dans notre climat. Mais c’est le fait qu’il y en a peut-être un peu plus souvent, un peu plus fréquemment. Et c’est là où les changements climatiques entrent en ligne de compte », a résumé M. Héroux.


Palmarès 2013

1. Inondation historique. L’inondation s’est étendue sur un quart de l’Alberta et jusqu’au cœur de Calgary. Elle a bloqué l’accès à des dizaines de collectivités et s’est soldée par l’évacuation de plus de 100 000 Albertains.

2. Des pluies torrentielles. Le 8 juillet, deux cellules orageuses ont frappé Toronto en soirée. En l’espace de deux heures, la Ville Reine a vu plus d’eau qu’elle n’en voit habituellement pendant tout le mois de juillet.

3. Des cultures exceptionnelles. Les producteurs de l’Ouest décrivent l’année comme la meilleure qu’ils aient jamais vue grâce à des conditions optimales.

4. Y aura-t-il des inondations ? Au début du printemps, une importante inondation de la vallée de la rivière Rouge, au Manitoba, semblait inévitable, mais le temps froid du printemps a permis une fonte lente et graduelle de l’importante accumulation de neige.

5. Rétablissement environnemental. Dans l’est de l’Arctique, l’été le plus froid subi depuis 15 ans a aidé à ralentir la fonte des glaces. Dans le cas des Grands Lacs, le niveau d’humidité en hausse de 13 % a aidé à rétablir les niveaux de l’eau.

6. Des conditions hivernales violentes à l’Est. En février, un blizzard entraîne la chute de 60 cm de neige le long de la côte atlantique.

7. Inondations printanières en Ontario. L’air chaud et humide à la mi-avril a provoqué de graves inondations au nord et à l’est de la baie Georgienne.

8. Un hiver interminable. On estime que l’hiver dure de décembre à février. Allez dire cela aux habitants des Prairies, où le froid et la neige ont duré d’octobre 2012 à avril 2013!

9. Tragédie en mer. Aucune tempête hivernale n’a été plus tragique que la puissante tempête au cours de laquelle cinq jeunes pêcheurs se sont noyés au large de la Nouvelle-Écosse.

10. Ensoleillé et sans pluie.  Il n’y a pas eu une seule goutte de pluie de tout le mois de juillet le long de la côte du Pacifique, en Colombie-Britannique.