562 écrivains s’unissent pour dénoncer la surveillance numérique

Plumes unies contre la surveillance institutionnalisée. À l’occasion de la Journée mondiale des droits de l’homme mardi, plus de 500 écrivains à travers le monde, dont Yann Martel, Margaret Atwood, Umberto Eco et plusieurs prix Nobel de littérature comme Orhan Pamuk, John Maxwell Coetzee, Elfriede Jelinek, Günter Grass et Tomas Tranströmer signent dans leurs pays respectifs une pétition réclamant la fin de la surveillance passive des citoyens dans les univers numériques.

L’appel a été publié mardi dans 30 journaux, dont Le Monde et The Guardian. Il rappelle aux élus et entreprises numériques l’importance de respecter l’intimité des individus pour sauver la démocratie. Il invite les citoyens à se lever pour protéger une liberté que la numérisation de l’activité humaine semble désormais menacer.
 

« Le pilier fondamental de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu », indique le groupe de 562 écrivains auquel John Saul, Philippe Djian, Marie Darrieussecq, Catherine Millet, Frédéric Mitterrand ont pris part. Or, « une personne placée sous surveillance n’est plus libre, disent-ils, une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le virtuel que dans le concret ».

 

Pour ces auteurs engagés, « la surveillance » institutionnalisée à l’ère du numérique, dont plusieurs grands pans ont été mis en évidence par les révélations de l’ex-analyste de la NSA Edward Snowden, « viole la sphère privée et compromet la liberté de pensée et d’opinion ». Dans la foulée, ils demandent aux Nations Unies de « reconnaître l’importance centrale de la protection des droits civils de l’ère numérique et de créer une Charte internationale des droits numériques ». Ils appellent également les gouvernements à adhérer à une telle charte.

 

La pétition de ces 562 adeptes des Lettres et des Lumières a été initiée par un groupe de 5 auteurs d’Allemagne, d’Autriche, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Danemark.

 

Le Devoir

 

 

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