Duchesses allumées, pas allumeuses

Marie-Pier Casgrain-Michaud, Valérie Vachon et Sarah Richard sont au nombre des 14 finalistes.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Marie-Pier Casgrain-Michaud, Valérie Vachon et Sarah Richard sont au nombre des 14 finalistes.

Québec – Charlyne Ratté, la présidente du jury des duchesses, est formelle : la beauté n’a absolument pas compté au moment de choisir les 14 finalistes du Carnaval.

 

« Ce n’est pas du tout un concours de beauté », insiste Madame Ratté à propos du concours qui est de retour cette année. En témoignent les critères de sélection soi-disant très sévères, qui ont permis d’extraire la crème du petit lait : résider dans la région ; soumettre un projet rassembleur ; disponibilité, flexibilité et sens de l’engagement ; aisance pour la communication ; être âgée de 18 à 35 ans. Les rabat-joie ayant condamné le « critère des trente-cinq ans » seront rassurés : la trentaine ne figure plus parmi les 14 finalistes, dont la moyenne d’âge est maintenant de 23 ans.

 

Des filles d’opinion

 

« C’est pas un concours de beauté », souligne Marie-Pier Casgrain-Michaud, candidate dans le duché de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge — qui ignore en passant la nouvelle de l’heure à Québec, à savoir qu’un furoncle industriel à granules vient d’envahir son futur territoire. « Les premières sélections sont faites avec un c.v., sans photo, avec la description du projet. […] Je ne vois pas pourquoi ce serait un concours de beauté quand ils ne nous ont jamais vues. »

 

Ce ne sont pas les filles qui auraient été rencontrées en entrevue, mais leur projet. Celles à qui nous avons parlé proposaient un défilé de motoneiges anciennes — avec nouvelles et ex-duchesses —, une course de traîneaux faits maison, ainsi qu’une chasse au trésor.

 

Lorsqu’on leur parle de beauté, elles disent que ça ne suffit pas. La plus jeune, Valérie Vachon (19 ans), concède pourtant qu’elle n’a pas croisé de moches charismatiques : « Celles que j’ai vues jusqu’à maintenant, c’était toutes des belles filles. Puis justement, je pense que c’est correct, ça s’est fait comme ça. C’est toutes des filles qui ont quelque chose à dire, elles ont des opinions. »

 

La Revengeance des duchesses

 

Parlant d’opinion, Marjorie Champagne est devenue féministe en s’intéressant au phénomène des duchesses, à propos desquelles elle a fait beaucoup de recherche. Il y a cinq ans, elle fondait la Revengeance des duchesses, qui propose une version artistique et irrévérencieuse de la vieille formule. Le Carnaval et son groupe ont envisagé une collaboration, sans succès. « La dernière fois qu’on a rencontré le carnaval,dit-elle, on a parlé de l’image que nous projetions dans les médias : les grimaces, les poses un peu moins convenues. Ça semblait être problématique pour eux. »

 

« Dans presque tous les concours qui concernent la femme, ajoute-t-elle, je ne sais pas pourquoi, mais on n’est pas capable de lui faire confiance. Il faut qu’il y ait quelqu’un derrière qui lui dise quoi faire. […] L’irrévérence, pour une fille, ça ne passe pas quand t’es en représentation. »

 

Mais Mme Ratté reste remplie d’admiration pour ces « jeunes femmes pleines d’ambition, avec des idées plein la tête, déterminées. Ce n’est pas compliqué, si c’est ça qui constitue l’avenir de demain, on est entre bonnes mains. »Happily ever after.

4 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 20 novembre 2013 08 h 18

    N'ayez crainte, la laideur s'exclut d'elle-même

    Bien conditionnée dans la vie de tous les jours, bien en dehors des concours, à se faire discrète, hors cadre, la mocheté sait lire entre les lignes des formulaires d'inscription, elle a du savoir-vivre et de la dignité.

    N'ayez crainte , elle n'ira pas donner mauvaise conscience aux organisateurs, aux commentateurs, mais quelle perte en humanité et quelle épine dans le pied «pour l'avenir de demain».

  • Carole Minguy - Abonnée 20 novembre 2013 08 h 42

    Avancez en arrière

    Bravo Marie-Ève
    Ton texte est bien écrit. Mais pour moi, le soleil a toujours pas de chances.

    Quant à y être, je favorise la revengeance des duchesses.

    Des projets rassembleurs pour les duchesses belles et jeunes? Pfuittt...

  • Gilles Chaumel - Abonné 21 novembre 2013 10 h 17

    vivre en silo..

    "...qui ignore en passant la nouvelle de l’heure à Québec, à savoir qu’un furoncle industriel à granules vient d’envahir son futur territoire."

    Faut vraiment vivre en silo et ne pas voir se qui se vit autour de soi. Assez pathétique, quand on y pense, de ne pas savoir ce qui se passe sur un territoire qu'on veut représenter, même pour s'amuser.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 22 novembre 2013 05 h 40

      Je sais pas, mais avoir le choix entre avoir des silos pour contenir les granules et ne pas en avoir et ramasser des granules charriées par le vent à la grandeur de la ville comme la poudre rouge sur certains cartiers... j'hésite moins !

      PL