Pont Champlain: un mois de circulation pénible en vue

La société des ponts Jacques-Cartier et Champlain encourage l’usage du transport collectif et du covoiturage pendant la durée des travaux.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La société des ponts Jacques-Cartier et Champlain encourage l’usage du transport collectif et du covoiturage pendant la durée des travaux.

Les automobilistes de la région de Montréal devront prendre leur mal en patience. L’importante fissure découverte mardi sur l’une des poutres du pont Champlain force la fermeture d’une voie pour une durée d’un mois, ce qui oblige les sociétés de transport à bonifier leur offre de service.

 

Au cours des prochaines semaines, des travaux seront effectués sept jours sur sept pour sécuriser la poutre fissurée à l’aide de panneaux de fibre de carbone.

 

La patience sera de mise lors des heures de pointe. Le matin, la voie réservée sera fermée et les autobus devront intégrer la circulation dans les trois voies en direction de Montréal, tandis que deux voies mèneront vers la Rive-Sud. Le soir, il y aura deux voies en direction de Montréal, une voie réservée aux autobus en contresens et deux voies vers la Rive-Sud.

 

La société des ponts Jacques-Cartier et Champlain encourage l’usage du transport collectif et du covoiturage pendant la durée des travaux.

 

Avoir l’heure juste

 

« Évidemment, le maire de Montréal n’est pas content », a lancé mercredi Denis Coderre. Il comprend la nécessité des travaux d’urgence et en accepte les conséquences, mais veut que la société des ponts Jacques-Cartier et Champlain fasse preuve de transparence. « Si on est obligés de fermer une voie pendant un mois, c’est correct, on ne met pas de vies en danger, mais ce que je veux, c’est avoir l’heure juste sur le statut réel du pont […] Qu’est-ce qui est à risque, c’est quoi la réalité ? »

 

Pour sa part, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a tenu à rassurer la population au sujet de la sécurité du pont. Il a convoqué vendredi matin une réunion du comité Mobilité Montréal, qui regroupe notamment les maires et les sociétés de transport de la région métropolitaine, pour faire le point sur la situation.

 

Le Réseau de transport de Longueuil n’a pas encore déterminé de quelle manière il ajustera son offre de service. « [La société des ponts] a déjà pris des décisions au niveau des voies réservées, alors nous, on est en train de voir comment on peut organiser notre offre de service à partir de ces balises-là », a expliqué mercredi soir la porte-parole Nadia Goyer.

 

Du côté de la Société de transport de Montréal (STM), on indique que la ligne jaune du métro de Montréal pourra accueillir davantage d’usagers « au plus tard lundi ». Quatre trains de neuf voitures seront alors en service, plutôt que cinq trains de six voitures, comme c’est le cas actuellement. L’ajout de ces voitures se fera aux heures de pointe et « à toute heure jugée nécessaire », selon les analyses de l’achalandage qu’effectuera la STM.

 

L’Agence métropolitaine de transport n’a pas répondu aux appels du Devoir.

 

La configuration temporaire des voies du pont Champlain est par ailleurs critiquée par l’Alliance pour le financement des transports collectifs au Québec (TRANSIT). Celle-ci juge que la décision de fermer la voie réservée lors de l’heure de pointe du matin est « contre-productive » et elleexige sa réintroduction.

5 commentaires
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 14 novembre 2013 07 h 41

    L'heure juste

    Coderre veut avoir l'heure juste. La belle affaire! Le pont est fédéral, l'AMC et la STM ne consultent pas le maire, le ministre des transports du Québec s'en mêle. Tout Montréal se résume à ce méli-mélo.

    Desrosiers
    Val David

  • Jean Richard - Abonné 14 novembre 2013 09 h 11

    « ...la décision de fermer la voie réservée lors de l’heure de pointe du matin est « contre-productive » et elle exige sa réintroduction. »

    Très juste ! On a fermé une voie, la voie réservée aux TEC. La situation ne devrait donc pas changer pour les automobilistes à très court terme puisqu'ils jouissent du même nombre de voies. Après 3 ou 4 jours, les usagers des autobus voudront peut-être retourner à leur voiture, tant qu'à rester pris dans les bouchons.

    Pour les sociétés de transport, c'est un peu un cauchemar car ils devront déployer davantage d'autobus pour transporter le même nombre de passagers. Un autobus coincé dans les bouchons, ça coûte cher.

  • Mark Beaton - Inscrit 14 novembre 2013 10 h 21

    Voir plus loin...

    Parmi toutes les solutions d'atténuation pour soulager la congestion de la circulation entre la Rive-Sud et l'Île de Montréal, personne n'a mentionné une flotte de traversiers, comme à Vancouver entre autres. Il me semble que traverser en 15 minutes ou attendre plus d'une heure sur le pont, le choix est simple.

    Un appel d'offre mondial pourrait être lancé pour faire venir à Montréal tous les traversiers disponibles, en location si nécessaire. (10, 20 ou plus)

    Certains travaux d'acclimatation de ces navires seraient nécessaires probablement à cause de notre climat.

    Un va-et-vient continu (4 à 6 bateaux) pendant les heures de pointe dans les axes de l'estacade, peut-être aussi à Ste-Catherine et au Pont J-C. Il faut contourner la voie maritime.

    Comme mesure d'atténuation lors des travaux: Pont Champlain, Pont Mercier et le Pont Tunnel ce serait assez efficace et agréable en plus. Tout le monde aime aller en bateau.

    Je pense que la population y prendra goût et voudra les maintenir même après les travaux. En plus, la population pourra se réapproprier leur fleuve que l'on cherche à faire depuis des décennies.

    Des travaux d'aménagement devront être fait pour les quais des deux rives.

    C'est gagnant-gagnant pour tout le monde.

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 novembre 2013 12 h 33

      1. Il y a du courant.
      2. Il y a des îles et des hauts fonds.
      3. Les quais du ports sont excentrés.
      4. Il y a de la glace.

  • Louis Desjardins - Abonné 16 novembre 2013 06 h 43

    Et l’estacade?

    En temps de crise, on doit utiliser au mieux toutes les resssources disponibles. Être imaginatif.

    L’estacade a déjà été utilisée et elle pourrait être mise à contribution une fois de plus. Les voitures et les autobus pourraient y circuler durant la durée des travaux.

    Et :
    • Revoir l’horaire d’ouverture des voies à sens unique sur le pont Victoria aux heures de pointe. 30 à 60 minutes de plus pourrraient changer la donne matin et soir.
    • Augmenter la cadence des autobus et des métros. Pourquoi pas 5 rames de métro de 9 wagons au lieu de 4?
    • Favoriser le co-voiturage
    • Du côté des employeurs, revoir les horaires de travail, favoriser le télétravail, mettre en place la semaine de 4 jours le temps de la crise : 4 journées de travail au lieu de 5, une journée de travail à peine plus longue pour compenser les heures de la 5e journée : 5 x 7,5 = 37,5 h ou 4 x 9 = 36 h — ou toute autre combinaison heures/jour en fonction des tâches à accomplir).
    • Réduire la vitesse aux approches du pont Champlain pour favoriser une meilleure fluidité.
    • S’assurer que rien ne bloque à la sortie des ponts : intersections, travaux, programmation des feux de circulation, trains, bateaux.

    Pour mémoire :
    « L'estacade a déjà été ouverte à la circulation automobiliste lors de la crise d'Oka, en 1990, pour offrir une voie de contournement au pont Mercier, paralysé en raison des barricades qu'avaient érigées les Mohawks, ainsi qu'à l'automne 1991, lors d'importants travaux sur le pont Champlain. »

    Source :
    http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives