Charte - Les communautés culturelles déçues

L’association des musulmans et des Arabes pour la laïcité ne voulait pas en effet d’un «système à deux vitesses» qui aurait pu donner naissance à des communautarismes.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’association des musulmans et des Arabes pour la laïcité ne voulait pas en effet d’un «système à deux vitesses» qui aurait pu donner naissance à des communautarismes.

L’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité est « déçue » que le gouvernement « ne prenne pas acte de la tension sociale ». M. Haroun Bouazzi, qui la représente, ne se désole cependant pas que le droit de retrait pour certaines institutions ait été pratiquement enlevé du nouveau projet de loi. L’association des musulmans et des Arabes pour la laïcité ne voulait pas en effet d’un « système à deux vitesses » qui aurait pu donner naissance à des communautarismes. « Nous croyons que la loi québécoise doit s’appliquer à tous les Québécois », dit-il. Pour Luciano Del Negro, vice-président du centre consultatif des relations juives et israéliennes, l’article 38 du projet de loi, qui prévoit que l’Assemblée nationale peut « régir le port de signes religieux par ses membres », est particulièrement offensant. Selon lui, on retourne ainsi au temps du député juif Ezechiel Hart, élu en 1807, qui avait été expulsé du Parlement parce qu’il n’avait pas prêté serment sur la Bible. Il rappelle que l’Hôpital juif de Montréal a été créé dans les années 1920 et 1930 précisément pour répondre aux besoins de la communauté de médecins de foi juive qui n’avaient pas de permis de pratiquer dans les hôpitaux, qui étaient régis par des communautés religieuses.

À voir en vidéo