OXFAM-Québec - Plus de 200 projets d’aide humanitaire à travers le globe

Réginald Harvey Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial International - Solidarité

OXFAM-Québec est solidement implantée ici depuis 40 ans. Cette organisation poursuit de nos jours plus de 200 projets d’aide humanitaire à travers le globe, dont le plus grand nombre se déroulent en Afrique (84), en Amérique latine et aux Caraïbes (75) et en Asie (32).

 

Guerres civiles, séismes, inondations, famines, ce sont autant d’événements qui nécessitent des interventions d’urgence auxquelles peut participer une organisation gouvernementale (ONG) comme OXFAM, selon le champ de spécialisation de chacun.

 

« Nous, on est vraiment le leader en ce qui a trait à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, ce qui représente un bloc à part entière. Sur ce plan, le but principal, c’est d’éviter la contamination des survivants par les maladies hydriques ou qui se transmettent par l’eau. Il y a trois aspects dans notre travail, qui consistent à fournir de l’eau potable aux gens, à les sensibiliser aux mesures d’hygiène à prendre pour éviter la contamination et à traiter les déchets au niveau de la nappe phréatique ou ailleurs pour éviter cette dernière », affirme Justine Lesage, agente de communication auprès d’OXFAM.

 

D’autres organismes sont spécialisés, par exemple, en soins médicaux, en hébergement, en accompagnement des enfants ou en distribution de nourriture.

 

À chacun son rôle

 

Comment se décide où et quand l’aile québécoise de l’organisation intervient? « OXFAM-Québec se demande au point de départ : est-ce que nous sommes présents ou pas dans le pays en cause ? Un tremblement de terre en Haïti ne représente pas le même engagement pour nous que celui survenu au Pakistan, où ce sont d’autres sections d’OXFAM qui sont là pour intervenir directement », explique Justine Lesage, qui s’est rendue en Haïti à la suite du tristement célèbre tremblement de terre et, plus récemment, dans un camp de réfugiés syriens en Jordanie.

 

« Sur le plan des urgences, dans le fond, l’important n’est pas de savoir si c’est moi ou mon collègue d’ailleurs qui se rend sur les lieux, l’important est de sauver des vies », poursuit-elle.

 

Une fois l’alarme planétaire sonnée, que se passe-t-il au juste ? « La supervision est, dans tous les cas, assurée par les Nations unies par le biais du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), qui porte alors le chapeau. C’est lui qui va déterminer les responsabilités et qui va organiser les réunions de coordination, qui sont fondamentales et qui vont faire en sorte qu’on ne va pas se retrouver à 14 au même endroit à faire la même chose. »

 

Mme Lesage prend pour exemple son séjour en Haïti pour illustrer ses propos. « Je suis arrivée là-bas trois semaines après le séisme, alors qu’on était toujours dans la logique de première urgence. Très tôt le matin, il se tenait des réunions de coordination organisées par l’ONU : c’est là que se décide qui fait quoi et où durant la journée. »

 

Chacun des organismes participe à ces rencontres matinales selon sa spécialité et en fonction des tâches à accomplir en matière d’eau, d’abri, de nourriture, etc.

 

Spécialistes sur demande

 

Elle explique le fonctionnement global d’OXFAM sur la scène mondiale : « Il y a des spécialistes pour chacun des 17 groupes affiliés au mouvement. Au moment où survient une catastrophe, on évalue la situation et on puise dans notre bassin de ressources humaines les compétences aptes à apporter de l’aide. Ces professionnels-là travaillent à l’année, comme le commun des mortels, dans des entreprises autres qu’OXFAM. »

 

Elle donnera ainsi un exemple : « L’ingénieur avec lequel j’ai passé le plus de temps en Haïti est à l’emploi d’une grosse entreprise à Londres, mais une clause de son contrat de travail spécifie que, potentiellement, il peut partir deux fois par année pour des périodes de trois mois afin de se placer au service de causes humanitaires. Il est en disponibilité ; quand il se passe quelque chose, il fait partie de ces personnes avec lesquelles on communique rapidement en leur demandant : “ Êtes-vous prêt à partir demain ? ” »

 

Un pareil réseau de volontaires comporte un précieux avantage, dit-elle. « On a des gens comme lui partout dans le monde et on profite souvent du fait qu’ils sont proches des lieux de la catastrophe. Il en va de même pour le matériel qu’on utilise et qui est très spécialisé ; il ne s’agit pas de produits périssables comme la nourriture et on peut facilement le stocker ; on parle d’équipements de forage, de camions citernes qui peuvent se déployer très rapidement, de systèmes de filtrage pour l’eau et de traitement des déchets, ou encore de matériaux pour construire des latrines et des douches. On a donc des points de stockage névralgiques à plusieurs endroits à travers le monde. »

 

OXFAM se rapproche ainsi des lieux d’intervention potentiels où l’organisation pourrait avoir à déployer ses ressources humaines et physiques.

 


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