Fredy Villanueva - Un policier suspendu pour avoir démoli un mémorial

Un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sera suspendu sans solde pendant trois jours pour avoir retiré les affiches d’un mémorial érigé à la mémoire de Fredy Villanueva.

 

Dans une décision rendue le 24 septembre dernier, le Comité de déontologie policière a jugé qu’en enlevant des documents apposés sur un mémorial dédié à Fredy Villanueva, l’agent Mathieu Chartrand-Côté « ne s’est pas comporté de manière à préserver la confiance et la considération que requiert sa fonction ».

 

Les faits reprochés au policier remontent au 29 juillet 2010. Ce jour-là, l’agent Chartrand-Côté patrouille avec un collègue dans le secteur Montréal-Nord. En bordure du parc Henri-Bourassa, des affiches et des photographies de Fredy Villanueva, apposées sur un arbre pour commémorer son décès survenu deux ans plus tôt, attirent son attention. Il décide alors d’en retirer une partie parce qu’elles contreviennent selon lui au règlement municipal en matière d’affichage.

 

Devant le Comité de déontologie policière, l’agent a reconnu sa culpabilité dans l’affaire. Par la bouche de son avocat, il a affirmé qu’en raison des circonstances particulières entourant la mort de Fredy Villanueva et des émeutes qui ont suivi, il n’aurait pas dû poser ce geste et le regrette sincèrement.

 

« Petite victoire »

 

La Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), créée peu de temps après la mort du jeune Villanueva, a accueilli cette décision comme une « petite victoire ». « On veut que le message soit envoyé aux policiers qui se fichent de la douleur des victimes », a commenté son porte-parole, Alexandre Popovic.

 

Le SPVM n’a pas été en mesure de confirmer vendredi si la suspension du policier a déjà été purgée, puisqu’il s’agit d’une question de « gestion interne ». Si ce n’est pas déjà le cas, elle le sera « dès que possible », a indiqué un porte-parole.