Comptables professionnels agréés - Une norme internationale dicte le nombre d’heures de formation obligatoire

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
L’ordre des CPA possède deux règlements de formation continue, ce qui contribue au maintien des connaissances et au perfectionnement professionnel de l’ensemble des comptables.
Photo: Source Université de Sherbrooke L’ordre des CPA possède deux règlements de formation continue, ce qui contribue au maintien des connaissances et au perfectionnement professionnel de l’ensemble des comptables.

Ce texte fait partie du cahier spécial Semaine des professionnels 2013

Au Québec, les ordres professionnels sont tous assujettis au Code des professions. Si l’Ordre des CPA ne fait pas exception, il s’est aussi doté d’outils et de mécanismes pour assurer au public une éthique et de bonnes pratiques comptables.

 

L’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec (CPA) vient tout juste de fêter en mai dernier son premier anniversaire.

 

Créé en 2012, ce nouvel ordre, au sein des 43 autres que compte le Québec, est en fait la résultante de la fusion de l’Ordre des comptables agréés (CA), de l’Ordre des comptables généraux accrédités (CGA) et de l’Ordre des comptables en management accrédités (CMA).

 

On a procédé à cette unification dans le but de renforcer le positionnement de la profession comptable québécoise sur la scène nationale et internationale. Il regroupe maintenant 35 600 membres et plus de 6500 candidats et étudiants. Comme tout ordre professionnel, l’Ordre des CPA doit suivre un ensemble de règles de fonctionnement imposées par le Code des professions, le but d’un ordre étant essentiellement la protection du public.

 

Obligatoire formation continue

 

En plus du Code des professions, l’Ordre des CPA s’est doté d’un règlement sur la formation continue obligatoire. Cet outil efficace contribue au maintien de bonnes pratiques comptables.

 

Martine Picard, vice-présidente à l’inspection et à la pratique professionnelle, travaille dans l’axe de la protection du public et s’assure du maintien des connaissances et des compétences des membres par la voie de la formation obligatoire. Mme Picard gère aussi le domaine de l’inspection professionnelle, qui consiste en la validation de certains champs de pratique spécifiques. « Nos ordres ont été parmi les premiers à mettre en place des règlements de formation continue », explique Mme Picard.

 

En fait, l’Ordre des CPA ne possède pas qu’un, mais bien deux règlements de formation continue : « Il y a un premier grand règlement auquel doivent se soumettre les 35 000 CPA et un deuxième qui concerne les autres activités liées à la comptabilité publique », précise Martine Picard. C’est une norme internationale qui dicte le nombre d’heures nécessaire pour une telle formation. « Cette norme internationale gère le maintien des connaissances et le perfectionnement professionnel pour l’ensemble des comptables du monde entier. On a regardé cette norme et on s’y est maintenu. »

 

En quoi consiste cette fameuse formation ? « On a un programme avec des milliers de cours offerts ! », nous dit Mme Picard. Ces cours sont tous liés d’une manière ou d’une autre à la protection du public. On le voit clairement dans l’article 4 du règlement, qui stipule qu’on doit « maintenir à jour, améliorer et approfondir les habiletés et connaissances dans l’exercice de la profession de CPA ».

 

Ensuite, cette formation doit nécessairement être en lien avec le domaine dans lequel le membre oeuvre. Quant à lui, l’article 6 de ce même règlement précise que cette formation doit être « pertinente, mesurable et vérifiable ». Martine Picard est personnellement concernée par cet article puisque, « en tout temps, je dois, en tant que responsable, être capable de valider cette formation, puisque l’Ordre exige de conserver toutes les pièces justificatives. »

 

Processus de validation

 

Ce volet de validation est très structuré à l’Ordre des CPA. « L’ensemble des membres sont convaincus que, dans le monde d’aujourd’hui et à la vitesse où les normes changent, ce n’est pas un choix que de se mettre à jour. Ce règlement est venu encadrer le processus de formation. Je dirais que nous n’avons pas beaucoup de membres en dérogation, la majorité des membres effectuent beaucoup plus d’heures que ce qu’exige la formation obligatoire. Ça fait partie de la culture de la profession », explique Martine Picard.

 

Dans ce contexte, la validation se fait sur la base de déclarations des heures d’activité de formation. Madame Picard dispose de certains outils de vérification : quand les formations sont suivies en personne, on a évidemment la liste des présences, et quand un membre s’inscrit à un cours à distance, à tout moment, il peut devoir répondre à un jeu-questionnaire dont la note de passage doit être d’au moins 7 sur 10.

 

« Nous validons aussi sur une base de matrice de risque et en fonction du secteur d’activité et de profil d’industrie où nos membres travaillent. On sait que, dans certains secteurs, les formations sont plus difficiles à obtenir, alors notre travail consiste à faire des extractions de la base de données et on peut alors demander des preuves. » Il est aussi possible pour Mme Picard de faire parvenir des avis de dérogation aux membres et ceux-ci doivent alors fournir les pièces justificatives.

 

Pour ce qui est des membres les plus récalcitrants, Martine Picard possède même un pouvoir de radiation : « Je vous rassure, j’en ai très peu de ceux-là ! »

 

Lourd catalogue

 

Comme on vient de le voir, les CPA retournent régulièrement sur les bancs d’école. D’ailleurs, le catalogue des cours offerts est assez impressionnant. Chaque année apporte son lot de nouveaux cours, mais le catalogue offre aussi des cours qui sont donnés depuis très longtemps. « Avant même l’imposition d’une réglementation de formation obligatoire, on offrait une politique d’apprentissage permanent à l’aide d’un programme de développement professionnel. Depuis 15 ans, ce programme grossit de manière exponentielle », nous dit Mme Picard.

 

Si tous les cours ne sont pas nécessairement offerts par l’Ordre, toutes les formations qui concernent l’acte réservé et les secteurs d’activité les plus fréquentés sont toutefois offertes, « ainsi, on peut contrôler le contenu de la formation et la qualité des formateurs, c’est un plus pour la protection du public », ajoute Martine Picard, qui conclut : « Nous croyons sincèrement que le fait de bien maîtriser toutes les compétences permet au professionnel, et à l’humain en lui, de faire les interliens et de savoir s’il se met ou pas dans le pétrin. »

 

 

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