Autochtones - L’ONU dépêche un rapporteur spécial

Les conditions de vie dans la réserve d’Attawapiskat ont fait les manchettes à l’automne 2011.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Les conditions de vie dans la réserve d’Attawapiskat ont fait les manchettes à l’automne 2011.

Le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits des populations autochtones sera au Canada à compter de lundi pour dresser un constat de la situation précaire de ces communautés au pays.

 

Le professeur de droit James Anaya, qui élaborera un rapport à ce sujet à la demande de l’ONU, doit s’entretenir avec des représentants autochtones et gouvernementaux au cours de son passage au Canada. « L’idée derrière cette démarche est d’avoir des renseignements de première main sur la situation des peuples autochtones du Canada en m’entretenant directement avec eux aussi souvent que possible », a-t-il souligné en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

 

Neuf jours

 

En tant que rapporteur spécial des Nations unies, le rôle de M. Anaya est de faire la promotion des lois et politiques soutenant les communautés autochtones à travers le monde. Il a également pour mandat d’étudier leurs conditions de vie et soumettre des rapports et recommandations à cet égard. Il n’a toutefois aucun pouvoir contraignant. M. Anaya tente plutôt, en dénonçant des situations inacceptables, d’embarrasser les gouvernements auprès de la communauté internationale.

 

Le gouvernement fédéral aura l’occasion de répondre aux conclusions de M. Anaya avant qu’un rapport définitif ne soit publié et présenté, l’an prochain, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

Ce rapport comportera ainsi des recommandations à l’intention du gouvernement fédéral, des Premières Nations et possiblement d’autres groupes.

 

Le séjour d’une durée de neuf jours, au cours duquel M. Anaya visitera à la fois des petites communautés rurales et de grosses villes, se terminera le 15 octobre. Il se rendra également à Ottawa pour discuter avec des représentants du gouvernement fédéral et de plusieurs ministères et agences.

 

Ressources naturelles

 

L’un des enjeux susceptibles d’être abordés à cette occasion est l’exploitation des ressources naturelles sur les terres autochtones.

 

Sans se risquer à faire des liens directs avec la situation canadienne, M. Anaya a souligné que les entreprises privées et gouvernements commençaient, un peu partout à travers le monde, à constater qu’ils avaient besoin de l’appui des peuples autochtones dans la concrétisation des principaux projets énergétiques. « De façon générale, oui, il est clair que nous avons une tendance lourde qui va dans cette direction, et plus particulièrement chez les principales industries ministères et pétrolières », a-t-il déclaré.

 

Cette hypothèse semble par ailleurs se vérifier en Colombie-Britannique, où une délégation de hauts représentants gouvernementaux s’est récemment rendue écouter les inquiétudes des autochtones dans le dossier de l’oléoduc Northern Gateway, entre autres.

 

M. Anaya avait déjà déposé une première demande officielle de visite au Canada en février 2012. « J’hésite à sauter aux conclusions dans ce genre de situations. Il est fréquent que les gouvernements mettent du temps avant de répondre à mes demandes », a-t-il mentionné.

3 commentaires
  • Georges LeSueur - Inscrit 7 octobre 2013 09 h 33

    Problème récurent

    Attawapiskat et maintes autres réserves font l'objet de critiques sur les conditions de vie qu'on y trouve. Des montants d'argent y sont régulièrement versés sans qu'on sache, ni les montants, ni les personnes qui en bénéficient.
    C'est un problème récurent qui tient à la mentalité même des Autochtones.
    Faudra-t-il supprimer les réserves qui officialisent deux classes d'individus ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 7 octobre 2013 19 h 09

      Contrairement à ce que vous écrivez, les conseils de bande doivent remplir des tonnes de paperasse et justifier chacune de leurs actions au ministère des Affaires indiennes. On ignore cependant ce que ministre fait informations collectées.

  • Georges LeSueur - Inscrit 8 octobre 2013 10 h 37

    Il faut le dire

    Le Canada et ses gouvernements, fédéral et provinciaux, sont souvent pris à partie par l'opinion internationale.
    D'importantes sommes sont consacrées aux Autochtones par le biais des Conseils de bandes. On ne sait guère ce qui est fait avec ces argents.
    Si j'en juge par la tolérance dont font preuve pour les "indiens" les responsables de la faune, on peut supposer qu'il en est de même avec l'administration des fonds qui leur sont accordés pour les réserves éloignées.
    Il ne faut donc pas accuser sans fin les gouvernements d'inaction et de laxisme.

    Le vieux fond de culpabilité d'avoir "emprunté" leurs terres au moins de cent mille occupants du 17e siècle, a transformé les Blancs en de simples bailleurs de fonds pour le million d'aujourd'hui. L'action ne doit pas se résumer à répondre à la demande. Eux aussi se doivent de travailler à améliorer leur situation.
    Il est temps de savoir le montant annuel accordé par Autochtone, et de quelle manière cet argent est dépensé. Le problème n'aura pas de fin et deviendra insoluble si le principe des réserves subventionnées sans contrôles se perpétue.