Aide sociale - Québec sommé de remplir sa promesse

En avril, la ministre Agnès Maltais avait annoncé une augmentation éminente de l’aide. En mai, elle avait plutôt reporté son annonce pour la rentrée parlementaire afin de prendre le temps de consulter différents ministères.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir En avril, la ministre Agnès Maltais avait annoncé une augmentation éminente de l’aide. En mai, elle avait plutôt reporté son annonce pour la rentrée parlementaire afin de prendre le temps de consulter différents ministères.

Les bonifications à l’aide sociale promises pour cet automne par la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale Agnès Maltais n’arrivent pas assez vite au goût du Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ). Au ministère concerné, on répond que l’augmentation des prestations pour personnes seules se fera « très prochainement ».

 

« On veut qu’elle fasse l’annonce qu’elle a promise de façon urgente - parce que la situation est urgente », somme Amélie Châteauneuf, coporte-parole du FCPASQ, précisant que la bonification doit être en vigueur le 1er novembre. Au Front commun, on s’explique difficilement pourquoi le gouvernement Marois ne respecte pas ses engagements.

 

En avril, la ministre Agnès Maltais avait annoncé une augmentation éminente de l’aide. En mai, elle avait plutôt reporté son annonce pour la rentrée parlementaire afin de prendre le temps de consulter différents ministères.

 

« On se demande si elle veut vraiment faire son annonce. […] Ce n’est pas sérieux, surtout quand on voit que des gens crèvent de faim au point où ils mangent de la bouffe pour chat. On ne comprend pas l’attitude du gouvernement parce que la ministre nous a menti à plusieurs reprises. »

 

Concrètement, le FCPASQ demande que la prestation mensuelle pour personnes seules soit de 918 $, le montant avancé par le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale pour qu’une personne vive décemment. En ce moment, les prestataires de l’aide sociale sans restriction particulière (donc aptes à se trouver un emploi) doivent boucler le mois avec un chèque de 604 $.

 

Même si le Front ne s’attend pas à une augmentation de 300 $ de but en blanc, il espère un geste dès maintenant pour améliorer une situation jugée insoutenable par plusieurs.

 

Au bureau de la ministre Agnès Maltais, on assure que comme promis en mai, des bonifications seront annoncées très bientôt. Au printemps, « c’était très clair » que l’annonce arriverait durant l’automne, insiste la porte-parole, Mélanie Harvey. Québec dévoilera un plan d’aide sociale concerté entre différents ministères, le tout menant « vers une approche plus globale pour la solidarité », mentionne-t-elle, sans toutefois vouloir en révéler les détails.

 

Abolir les catégories

 

Espérant que le gouvernement bouge, Monique Toutant a décidé jeudi de prendre la parole pour dénoncer les injustices dont elle se dit victime. À 53 ans, la prestataire du Programme de solidarité sociale résidante de Québec affirme avoir été plusieurs fois la cible de discrimination à cause de son statut d’assistée sociale. Sans moyens, même pour prendre l’autobus, elle voit rarement sa famille, un facteur qui augmente son sentiment de solitude.

 

Pour elle, il est « aberrant »qu’on ne prête pas plus l’oreille aux requêtes des personnes en difficulté. « Quand on est une personne sur l’aide sociale, on ne sent pas qu’on fait partie de la société, parce qu’on se sent jugé, on se sent brimé », regrette-t-elle.

 

Son rêve le plus fou : que le gouvernement abolisse les catégories d’aide pour que « peu importe où tu es dans ton parcours de vie et peu importe où tu demeures, tout le monde reçoive le même montant ».

À voir en vidéo