Laval : le juge met en garde les 37 accusés

L’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt fait face aux accusations les plus graves. Il est accusé d’avoir dirigé un réseau de gangstérisme.
Photo: - Le Devoir L’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt fait face aux accusations les plus graves. Il est accusé d’avoir dirigé un réseau de gangstérisme.

Le juge Gilles Garneau a mis en garde mardi les 37 accusés du présumé « gang de Laval », menés par l’ex-maire Gilles Vaillancourt, contre la tentation d’étirer les procédures judiciaires. Il compte tout mettre en oeuvre pour que le procès se fasse avec « célérité ».

 

Déterminé à aller de l’avant rapidement, le juge a convoqué l’enquête préliminaire des 37 accusés en plein été, en juillet et août 2014, ce qui a provoqué une levée de boucliers des avocats de la défense, mardi, au palais de justice de Laval. Les avocats tiennent à leurs vacances. Et ils disent avoir besoin de temps pour analyser les 22 CD de données déposés en preuve.

 

« Il est essentiel d’éviter tout retard inutile. […] Vous êtes suffisamment accablés d’accusations sans en rajouter », a déclaré le juge Garneau en ouvrant les procédures judiciaires dans cette affaire, en Cour du Québec.

 

« La Ville de Laval est sous tutelle. La société canadienne et québécoise commande que l’administration judiciaire procède dans ce dossier avec célérité », a-t-il ajouté.

 

Gangstérisme

 

Les 37 accusés, dont l’ex-maire Vaillancourt et l’entrepreneur Tony Accurso, ont assisté sagement aux procédures, au palais de justice de Laval. Ces anciens membres haut placés de l’administration lavalloise, ingénieurs, avocats et entrepreneurs sont accusés d’avoir pris part à un vaste réseau de corruption, de fraude et de collusion qui aurait contrôlé l’attribution des contrats publics à Laval, entre 1996 et 2010. Gilles Vaillancourt, qui a régné sur la ville durant 23 ans, fait face aux accusations les plus graves. Il est accusé d’avoir dirigé un réseau de gangstérisme qui comprenait aussi l’ex-directeur général de la Ville, Claude Asselin, et l’ex-directeur de l’ingénierie, Claude Deguise (accusés de gangstérisme).

 

Des vacances, S.V.P.

 

Les accusés ont écouté en silence les mises en garde du juge Gilles Garneau, qui a insisté pour que l’enquête préliminaire se fasse en pleines vacances d’été, du 30 juin au 29 août 2014. Leurs avocats, eux, ont protesté. Tour à tour, ils ont fait valoir qu’ils ont besoin de vacances, et aussi de temps pour analyser les 22 CD déposés en cour, qui contiennent 90 % de la preuve amassée par les policiers.

 

Dans le cadre de cette enquête, les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) ont rencontré 150 témoins, mené plus de 70 perquisitions et intercepté plus de 30 000 conversations d’écoute électronique. Ils ont aussi saisi 480 000 $ en argent comptant.

 

« On n’est pas des machines », a lancé Me Louis Belleau, avocat de Tony Accurso. L’analyse de la preuve nécessitera énormément de temps, estime l’avocat, qui doit aussi travailler à la défense de son client dans un dossier à Mascouche, au moment prévu par le juge Garneau pour l’enquête préliminaire à Laval. D’autres avocats sont assignés au procès SharQc, qui vise les Hells Angels.

 

« Il faut se libérer de la pression médiatique qui veut que justice soit rendue plus vite mais qui peut faire que justice ne sera pas correctement rendue », a dit de son côté Me Claude Girouard en ajoutant vouloir profiter de sa maison au bord de la mer l’été prochain.

 

Le juge a donné rendez-vous aux parties en cour le 19 décembre pour préparer la suite des procédures.

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