Affaire Guy Turcotte - À la Cour d’appel de trancher

L’ex-conjointe de Guy Turcotte, Isabelle Gaston, a assisté aux plaidoiries lundi, à Montréal.
Photo: - Le Devoir L’ex-conjointe de Guy Turcotte, Isabelle Gaston, a assisté aux plaidoiries lundi, à Montréal.

Isabelle Gaston a trouvé le courage de se présenter en Cour d’appel du Québec, lundi, pour entendre les plaidoiries qui serviront à déterminer si un nouveau procès est nécessaire dans l’affaire Turcotte. Le tribunal a la lourde tâche de revoir la preuve qui a permis de déclarer Guy Turcotte non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants en 2009, mais aussi d’évaluer le travail du juge Marc David, de la Cour supérieure, qui a présidé son procès en 2011.

 

« Je ne pensais pas dire ça, mais je l’espère réellement qu’il y en aura un autre procès, qu’on pourra juger les faits de manière impartiale avec des bonnes directives », a déclaré Mme Gaston à la sortie de la Cour d’appel.

 

Deux visions

 

Pendant toute la journée, elle a patiemment écouté, avec sa mère à ses côtés, les arguments tant de la Couronne que de la défense dans cette cause qui a soulevé l’indignation dans la population.

 

La Couronne a d’abord réclamé la tenue d’un nouveau procès en soutenant que le verdict de non-responsabilité criminelle n’aurait pas dû être une option proposée au jury.

 

Le procureur Michel Pennou a expliqué, aux trois juges de la Cour d’appel, que Guy Turcotte souffrait d’un trouble d’adaptation après sa rupture avec Isabelle Gaston, mais que rien ne démontrait qu’il souffrait d’un trouble mental au sens du Code criminel.

 

Me Pennou a argumenté que Guy Turcotte avait lui-même pris la décision d’avaler du lave-glace en vue de se suicider et qu’en prenant cette décision de « s’intoxiquer volontairement », il ne pouvait pas se défendre de ne pas savoir ce qu’il faisait. La Couronne soutient aussi que le juge David a commis une faute importante lorsqu’il a donné ses directives au jury en ne lui précisant pas que l’état mental de Guy Turcotte n’était pas dû uniquement à un trouble mental, mais aussi à une intoxication volontaire.

 

La Défense maintient pour sa part que le procès de Guy Turcotte s’est déroulé dans les règles de l’art et refuse qu’il soit jugé une fois de plus. L’avocat Pierre Poupart a indiqué que le verdict avait été rendu par onze femmes et hommes à la lumière des preuves présentées et des directives transmises.

 

Santé mentale

 

Il a rappelé que plusieurs experts psychiatres ont reconnu que Guy Turcotte n’était pas dans un état mental normal, qui lui permettait de faire la distinction entre le bien et le mal, au moment de tuer ses deux enfants. Me Poupart soutient que le cardiologue était déjà atteint d’un trouble mental et que sa détresse a été amplifiée lorsqu’il a avalé du lave-glace dans le but de mettre fin à ses jours.

 

Les trois juges de la Cour d’appel ont maintenant pris la cause en délibération. Il faudra probablement des semaines, voire des mois, avant qu’ils ne rendent leur jugement.

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