Aide médicale à mourir - Les pro-vie veulent faire reculer Québec

Des groupes militants religieux veulent sensibiliser le publix aux « dangers » du projet de loi 52, qui encadre l'aide médicale à mourir.
Photo: - Le Devoir Des groupes militants religieux veulent sensibiliser le publix aux « dangers » du projet de loi 52, qui encadre l'aide médicale à mourir.

Des groupes anti-avortement et anti-euthanasie, parfois basés à l’extérieur du Québec, s’invitent dans le débat sur l’aide médicale à mourir telle que proposée dans le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie.

 

Life Canada, un groupe de pression basé à Ottawa, a réuni une coalition pour tenter de faire reculer Québec. Sur la page d’accueil de son site Web, en anglais, l’organisme présente une section sur la « loi qui autorisera les médecins à tuer leurs patients ».

 

On y invite les citoyens à communiquer avec leur député fédéral pour dénoncer « une loi qui menace la vie de tous les Canadiens ». Dans un communiqué envoyé hier aux médias, Life Canada dévoile un énoncé de position dans lequel une dizaine d’organismes contre l’euthanasie affirment que les soins palliatifs permettent de soulager le patient mourant « sans le tuer ».

 

Dons sollicités

 

Ces groupes sollicitent les dons du public. L’Euthanasia Prevention Coalition demande la contribution des internautes. Sur sa page Web, ce groupe dit vouloir « empêcher le projet de loi 52 » de voir le jour et, en dernier recours, il souhaite « le confronter en cour comme anticonstitutionnel ».

 

L’organisme Campagne Québec-vie a lancé une campagne de financement ayant pour objectif de collecter 7000 $ pour protéger « les enfants à naître ou des vieillards visés par l’euthanasie ».

 

Des groupes militants religieux, comme l’Association for Reformed Political Action et les Prêtres pro-vie Canada, sensibilisent également les internautes aux « dangers » du projet de loi 52.

 

Des groupes opposés au projet de loi commencent également à défiler devant les parlementaires qui se penchent pour encore quelques semaines sur le projet de loi 52. Mardi, le Dr Paul Saba, au nom de la Coalition des médecins pour la justice sociale, est venu dénoncer l’aide médicale à mourir, qu’il qualifie d’euthanasie. Pour lui, les balises prévues sont déficientes et ne permettent pas de protéger les plus vulnérables.

 

Contrairement aux opposants, la protectrice du citoyen estime que les balises prévues par Québec suffiront à empêcher les dérives. Mais, tout en appuyant le projet de loi 52 sur les soins de fin de vie, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, craint que les « contraintes budgétaires pèsent lourd » dans la matérialisation du droit qui sera octroyé aux patients d’accéder aux soins palliatifs.

 

Protectrice du citoyen

 

En commission parlementaire, elle a dévoilé les statistiques recueillies par son organisme : depuis trois ans, elle a reçu 30 plaintes concernant les soins palliatifs de fin de vie, dont 21 étaient fondées. Parmi les motifs de plaintes, on retrouve le manque de qualité des soins, des transferts de chambre ou des transferts d’établissement alors que le patient est mourant. « Je veux préciser que ce sont des situations d’exception, mais ça s’est quand même produit », a fait valoir Mme Saint-Germain.

 

La Chambre des notaires croit de son côté que les notaires devraient être impliqués de près dans la demande d’aide médicale à mourir, pour s’assurer que la décision du patient est libre et éclairée, et que « tout est mis en oeuvre pour prévenir des erreurs qui, à l’évidence, seront irréparables ». Ils estiment qu’une autorisation d’un juge de garde de la Cour supérieure devrait être exigée avant de procéder à une aide médicale à mourir.

 

L’ordre professionnel estime aussi que des balises pourraient permettre à une personne apte de formuler une demande d’aide médicale à mourir en prévision d’une inaptitude future.

17 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 25 septembre 2013 06 h 14

    Vivement son adoption

    J'ai accompagné plusieurs de mes proches parents dans leurs derniers instants de vie et je puis vous dire que les soins palliatifs , tel qu'ils sont offerts , ne répondent pas de façon adéquate, à la situation de celui qui approche de sa fin.

    Le droit de mourir dans la dignité çà n'existe tout simplement pas à l'heure actuelle, n'en déplaise à tous ces curés et apôtres du "mourir dans la douleur et l'indignité".

    • Jonathan Michel - Inscrit 26 septembre 2013 14 h 38

      Raison de plus pour mettre de l'effort dans l'amélioration des soins paliatifs plutôt que dans un projet de mise à mort. Si on met dans un programme d'euthanasie l'énergie qui devrait être mise dans un programme de soins paliatifs, c'est carrément dire aux patients: ''Quand vous en aurez assez de souffrir, on pourra vous achever. D'ici là, endurez le système déficient et pâtissez-en.''

  • Michel Lebel - Abonné 25 septembre 2013 07 h 17

    Bien écouter!

    Le gouvernement et les députés devraient porter une oreille très attentive au personnel qui donne des soins palliatifs. Ces personnes servent certainement de quoi ils parlent. Oui! Les écouter attentivement!

    Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 septembre 2013 10 h 50

      Et qu'ont-elles à dire? Cet article ne parle nullement de ces personnes.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 26 septembre 2013 11 h 35

      En fait, ce que les associations religieuses telles l’Association for Reformed Political Action et les Prêtres pro-vie Canada demandent aux agonisants c’est d’offrir leurs souffrances et leurs tourments au Christ en rémission de leurs péchés.

  • André Cotte - Abonné 25 septembre 2013 07 h 42

    Avez-vous accompagné un(e) mourant(e) récemment?

    Si vous l'avez fait, vous savez tout comme moi que cette loi est bonne et doit être adopté au plus vite. Mourir oui, mais dans la déchéance la plus totale, non.

  • Yvon Bureau - Abonné 25 septembre 2013 08 h 03

    J'ai eu mal à mon humanité

    Hier, à l'Assemblée nationale, à moins de 2 mètres derrière eux, j'ai vu et entendu et senti et ressenti les représentants des groupes Collectif de médecins du refus médical de l'euthanasie, Coalition des médecins pour la justice sociale et le Rassemblement québécois contre l'euthanasie. Rarement dans ma vie j'ai eu aussi mal à mon humanité. Et ces gens viennent affirmer qu'ils interviennent pour protéger les plus vulnérables de la société.

    Pour moi et pour mes proches, j'aurai tout fait pour nous protéger de la présence de tels médecins. Personnages imposants. Discours loin des nuances, du réel et de la vérité. Les Pro-vie jusqu'au bout-naturellement font mal à notre humanité.

    Rassurante fut heureusement la position de la Protectrice du citoyen. Merci madame Saint-Germain. Tout un rapport !

    Rassuré aussi par les résultats du sondage demandé par la Chambre des notaires. 87 % de la population québécoise serait en faveur du Projet de loi 52, de l'aide médicale à mourir...

    Rassuré aussi je suis. Nos députés connaissent les tactiques offensives et parfois offensantes des Groupes Pro-vie-à-tout-prix-jusqu'au-bout-naturellement. Ils seront innondés de téléphones, de courriels, de pétitions. Sages, ils écouteront ET ils se garderont à une saine distance d'eux et il seront proches de toute la population du Québec. J'ai grande confiance en eux.

    J'ai hâte de connaître la position du Réseau des soins palliatifs du Québec sur ces groupes Pro-vie tout comme sur celui Vivre dans la dignité qui ira ce midi à la Commission.

    • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 25 septembre 2013 09 h 42

      M. Bureau, pourriez-vous avoir l'honnêteté de toujours signer que vous êtes un membre actif et principal du mouvement «Mourir dans la Dignité»?

    • Yvon Bureau - Abonné 25 septembre 2013 11 h 04

      Monsieur Laffitte,
      Je suis membre du Collectif mourir digne et libre (co-président), de l'Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité, de Dying With Dignity (Toronto), du Réseau des soins palliatifs québécois.
      Et je suis travailleur social, membre actif de ma Corporation professionnelle /OTSTCFQ.
      Bonne journée à vous !

  • Francois Parent - Inscrit 25 septembre 2013 09 h 11

    Oui, oui, au projet de loi 52

    Je me réjouis de cette évolution depuis les philosophes Grec que l'on en parle. Cette vie nous appartient et cela ne concerne à nous seul de décider de choisir quand mourir.