Hochelaga-Maisonneuve - Intervention policière aux lofts Moreau

Une jeune femme a été atteinte au ventre par une matraque lors de l’intervention policière.
Photo: - Le Devoir Une jeune femme a été atteinte au ventre par une matraque lors de l’intervention policière.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenu tôt vendredi matin pour évacuer une quinzaine de locataires et de sympathisants qui occupaient un terrain adjacent aux lofts Moreau, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, en appui aux occupants des lofts qui sont aussi tenus de quitter les lieux, l’édifice étant considéré comme non sécuritaire.

 

Après avoir reçu un appel du propriétaire des lieux, le SPVM a envoyé 15 médiateurs pour évacuer les occupants, puis a chassé le groupe de manifestants massé sur la rue Ontario.

 

Matraques

 

Le tout ne s’est pas fait sans violence, comme en témoignait lui-même sur place Danny Richer, responsable des relations publiques du SPVM. « C’est possible qu’il y ait eu des coups », a-t-il dit, faisant valoir que c’était parce que les manifestants ne voulaient pas s’en aller. Une jeune femme a été atteinte au ventre par une matraque. Une autre affirme avoir été renversée par un policier à bicyclette avant d’être atteinte à la hanche par une matraque. Plus tard, après avoir « frôlé » un policier, elle dit avoir été de nouveau renversée et frappée dans le dos.

 

Pendant ce temps, les locataires des lofts Moreau qui n’étaient pas à l’extérieur s’affairaient à tenter de sortir leurs possessions des lofts sans monte-charge, puisque celui-ci a été condamné par les inspecteurs de la Ville de Montréal et n’a été remis en fonction pour faciliter les déménagements que durant quelques heures jeudi.

 

Les occupants, qui sont en majorité des artistes et qui se servaient des lofts à la fois comme logement et comme atelier, ont donc dû sortir des appareils ménagers imposants, laveuses, sécheuses ou réfrigérateurs, par une fenêtre du rez-de-chaussée. Un piano était toujours à un étage supérieur.

 

Durant tout l’avant-midi, les policiers du SPVM ont bloqué l’accès aux lofts, ce qui a privé les occupants toujours à l’intérieur d’aide pour déménager leurs biens. L’accès a été rétabli dans l’après-midi, mais seulement pour les locataires détenant une preuve de résidence. Un inspecteur de la ville, Alain Barabé, a accepté de remettre temporairement le monte-charge déficient à la disposition des locataires, à condition qu’aucune personne ne l’emprunte. Les locataires de quatre lofts avaient reçu un avis spécifique d’éviction du propriétaire à partir du 31 août. Certains ont défoncé une porte cadenassée pour récupérer leurs affaires.

 

Lieu non sécuritaire

 

Rappelons que la Ville de Montréal a déclaré que les 38 lofts de l’édifice des lofts Moreau, une ancienne usine de sous-vêtements d’Hochelaga-Maisonneuve, ne pouvaient plus servir à des fins résidentielles, car l’endroit, qui n’est plus entretenu pendant des années, est considéré comme non sécuritaire. Le maire de l’arrondissement d’Hochelaga, Réal Ménard, vient de manifester de l’intérêt pour le projet du propriétaire d’investir environ un million de dollars pour convertir les lofts en 70 ateliers d’artistes.

 

Selon Jonathan Aspireault-Massé, du comité BAILS d’Hochelaga-Maisonneuve, cette conversion fera monter les prix. Et les artistes qui occupent présentement les lofts, et paient autour de 1000 dollars par mois, ne pourront plus y rester. Pour le comité BAILS, qui souhaiterait que l’immeuble devienne une coopérative, le propriétaire a tout simplement fait preuve au fil des ans de « négligence intentionnelle » dans cette affaire.

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