Îles de la Madeleine - Une chasse sportive aux phoques gris

Une jeune femelle phoque gris. Le troupeau de cette espèce de mammifères marins est évalué à quelque 500 000 individus.
Photo: La Presse canadienne (photo) Andrew Vaughan Une jeune femelle phoque gris. Le troupeau de cette espèce de mammifères marins est évalué à quelque 500 000 individus.

C’est en quelque sorte un projet pilote mis de l’avant par une résidante des îles de la Madeleine. Danièle Bouchard lance cette semaine, avec l’approbation du gouvernement fédéral, une chasse sportive aux phoques gris.

 

« Quand on vit aux îles, qu’on voit le trou noir de l’hiver, les malheurs de la réforme de l’assurance-emploi, on rêve de voir nos gens se permettre d’être à nouveau fiers, de profiter de notre quotidien et du gibier pour vivre, et non plus juste survivre. C’est ça, l’idée derrière la chasse sportive aux phoques gris. »

 

Ces mammifères énormes sont aujourd’hui surreprésentés dans le golfe du Saint-Laurent. Il y en aurait un demi-million. Divers comités ont déjà recommandé que la prolifération rapide de cette population soit mieux contrôlée.

 

Pour Danièle Bouchard, il s’agit d’une occasion en or de susciter de l’intérêt pour la chasse à ce gibier hors du commun, dont le mâle peut atteindre 400 kilos et mesurer jusqu’à 4 mètres.

 

« Jusqu’ici, ce sont des gens des îles qui chassaient cet animal pour leur subsistance. Cette année, pendant la chasse traditionnelle au gros gibier, des chasseurs de partout pourront aussi venir chasser le phoque gris aux îles. C’est une première. »

 

Il s’agit d’une chasse avec guides, ouverte du début septembre à la mi-novembre. Les amateurs s’embarquent à bord du Karaboudjan, un bateau de pêche des îles nommé en hommage aux aventures de Tintin et Milou. « Il faut compter de 6 à 10 heures pour une sortie de chasse aux phoques gris. Le bateau aura à bord une dizaine de personnes, chasseurs, guides et équipage », explique Danièle Bouchard. Il y aura aussi la pratique d’une chasse à terre, fort difficile car l’animal s’avère farouche.

 

Rien à voir avec la chasse aux blanchons, nouveau-né du phoque du Groenland. Le phoque gris est abattu à la carabine. Seul l’adulte est chassé. Un chasseur a droit à deux prises.

 

Pour la première saison, ce ne sera qu’un ballon d’essai. La chasse n’a pas été publicisée autrement que par des réseaux d’initiés.

 

Une ressource précieuse

 

Danièle Bouchard croit qu’une vingtaine de bêtes tout au plus seront rapportées à terre cette année afin qu’un boucher d’expérience, Réjean Vigneault, en tire des terrines et des pièces destinées à la cuisson.

 

Le gouvernement fédéral estime à 70 000 le nombre de bêtes qu’il faudrait soustraire du troupeau pour le contrôler. « Ce n’est pas de la vermine, tient à préciser Danièle Bouchard, mais une espèce précieuse. Les sièges des Rolls-Royce ont déjà été recouverts de peaux de phoques gris. »

 

Ce phoque semble devoir profiter d’une période de répit supplémentaire, le temps où sa peau et sa graisse étaient à la base de toute une économie locale aux îles n’étant pas près de revenir.

6 commentaires
  • LAURENT PRADIES - Inscrit 7 septembre 2013 05 h 20

    Combien?

    Combien d'humains devraient être soustraits au troupeau pour le contrôler ?

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 7 septembre 2013 15 h 27

      Les chinois ont déjà trouvé la bonne réponse bien avant que vous posiez la question sous cet angle...

  • David Cormier - Inscrit 7 septembre 2013 06 h 28

    Malheureusement, il faut s'attendre à ce que les hystériques "défenseurs" des animaux viendront s'opposer à ce beau projet.

  • Danièle Houde - Abonnée 7 septembre 2013 13 h 20

    avant de juger, constater la réalité sur le terrain

    et combien d'autres jugements dégradants encore entendrons-nous concernant ceux qui iront chasser les loups-marins (et jugements touchant aux madelinots, de manière générale) alors qu'avant de juger, il est bon de constater la réalité sur le terrain. Le loup-marin est loin d'être en extinction ou même potentiellement en danger. Il est mignon, certes, mais il faut cesser de faire de l'anthropomorphisme (sinon, à ce compte, TOUT ce que l'homme tue, élève, consomme, cueille peut être mignon et avoir droit de vivre) et voir la réalité de manière objective. Par ailleurs, la chasse du loup-marin est une chasse plutôt durable... du cuir jusqu'au gras de chaque bête, tout est presque utiliser. Combien de type de chasse ou même d'élevage d'animaux peuvent se targuer d'en faire autant?

  • Amy Bondi - Inscrit 7 septembre 2013 20 h 36

    Qu'ils ne soient pas en extinction, ne donne pas le droit de s'amuser à les tuer et ceci pour ma part vaut pour tout animal.Je n'ouvrirais pas le triste dossier des animaux destinés à l'abbatage et leurs misérables conditions d'élevage et de mise à mort.Chasse sportive, mon Dieu comme ces deux mots vont mal ensemble...Aucun motif n'est recevable, fourrure, et autres...À quand un statut respectant tout être vivant qu'il soit animal ou pas...Parfois on se demande si nous sommes en 2013...Une partie de l'humanité semble vivre à l'age de pierre...

  • Pierre Cantin - Inscrit 8 septembre 2013 14 h 07

    Une combinaison win-win

    Si pour aider à préserver l'espèce et par le fait même les bancs de poissons tout en créant des emplois et un peu d'activités dans ce coin de la planète, pourquoi pas??? 70 000 phoques en moins seraient ce que recommande les gens de la faune, allons-y intelligement et laisssons les exploiter la ressource qui est en surnombre de toutes façons ce qui nuit aux pêcheurs, le tout encore une fois fais intelligemment...