Les travailleurs en fête

Des centaines de syndiqués ont envahi les rues de Toronto.
Photo: La Presse canadienne (photo) Will Campbell Des centaines de syndiqués ont envahi les rues de Toronto.

Toronto – Des membres de plusieurs syndicats ont envahi les rues de Toronto, lundi matin, pour célébrer la fête du Travail, au lendemain de la création du plus important syndicat canadien dans le secteur privé.

 

Des milliers de travailleurs, animés par des musiciens et portant les couleurs de leur centrale syndicale, couvraient plus de 12 pâtés de maisons.

 

Vêtus de t-shirts rouges, les membres de la toute nouvelle centrale syndicale canadienne, Unifor, née de la fusion entre les Travailleurs et travailleuses canadiens de l’automobile (TCA) et du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), ouvraient la marche.

 

Le nouveau président national, Jerry Dias, affirme que la manifestation est un symbole d’espoir pour l’organisation, qui lance une ambitieuse campagne de recrutement d’employés qui travaillent dans des conditions précaires ou dans des milieux non syndiqués.

 

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, participait au défilé lundi dans la métropole canadienne. Il affirme qu’Unifor contribuera à la stabilisation du mouvement ouvrier canadien dans un contexte où les emplois de la classe moyenne sont menacés.

 

Cette manifestation a eu lieu au lendemain du congrès de fondation d’Unifor au cours duquel M. Dias a été élu à la présidence du syndicat grâce à l’appui de 87 % des délégués.

 

Le plus récent syndicat à voir le jour au Canada souhaite grossir ses rangs déjà imposants. Le syndicat compte déjà 300 000 membres, mais beaucoup de discussions au congrès de fondation ont porté sur son expansion par le recrutement d’industries traditionnellement non syndiquées.

 

Ce scénario survient à un moment où le mouvement ouvrier se sent attaqué, ce qui a été explicitement établi au congrès. Selon Nelson Wiseman, professeur associé en sciences politiques à l’université de Toronto, il n’y a aucun doute sur le fait que le mouvement syndical du secteur privé bat de l’aile depuis quelques années.

 

Il croit que les syndicats multisectoriels et la baisse des cotisations syndicales font foi de la faiblesse du mouvement. Lorsque les syndicats ont été créés au Canada, a-t-il rappelé, ils étaient organisés en secteurs distincts.

 

Projet de loi C377

 

L’une des premières batailles du nouveau groupe pourrait se tenir dès cet automne, alors que le projet de loi C377 forcerait les syndicats à rendre publics toute dépense de plus de 5000 $ ainsi que les salaires des employés touchant plus de 100 000 $. « Le gouvernement conservateur a décidé de mettre à l’épreuve notre droit démocratique d’organiser et de récolter des cotisations syndicales. Il isole les syndicats. Il attaque nos finances. Il attaque notre capacité à représenter nos membres », a déclaré samedi le nouveau président d’Unifor, Jerry Dias.

 

Un porte-parole de la ministre du Travail, Kellie Leitch, a affirmé que la ministre avait téléphoné à M. Dias pour le féliciter de sa nomination et pour discuter de façons de travailler de pair pour améliorer les occasions d’emplois.


 
1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 septembre 2013 06 h 39

    Comment ???

    Quel est cette nouvelle ? Y aurait-il des jeunes qui commencent à comprendre qu'ils ne peuvent se coltailler avec leur employeur tout fin seul ?

    Que c'est «vous» qui donnez la becquée, par votre travail, à ceux qui «semblent» vous nourrir ?

    Après combien de générations, l'histoire se répète ? Attendez; j'étais dans l'union, mon père était dans l'union et mon grand-père était dans l'union, mais pas son père à lui. Hum !!!

    Comment elle disait la madame ? «Ceux qui n'apprennent pas de l'histoire sont condamnés à la répéter !»

    Lâchez pas, y a eu des morts dans le temps de mon grand-père !

    «Va falloir leur montrer à vivre à ces ka... là !» Chartrand