La commission sur le printemps 2012 nie avoir des difficultés

Serge Ménard s’est défendu de vouloir faire le procès du gouvernement libéral.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Serge Ménard s’est défendu de vouloir faire le procès du gouvernement libéral.

Les commissaires chargés d’enquêter sur les événements du printemps 2012 nient avoir du mal à recruter des témoins. Les travaux ont progressé « considérablement », a dit leur président, Serge Ménard, défendant la légitimité de la commission, lors d’une conférence de presse vendredi matin où il a fait le point.

 

Selon lui, peu de gens ont refusé de témoigner, et jusqu’ici, 36 entrevues de fond ont été menées et 18 seront réalisées la semaine prochaine, a-t-il assuré. « On a rencontré la majorité des organisateurs étudiants les plus importants et la majorité d’entre eux ont dit être prêts à collaborer avec nous. » Reste qu’aucun membre de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), redevenue l’ASSE, ne s’est encore prêté au jeu. L’ancien porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, qui avait rencontré les commissaires pour en connaître plus sur leur mandat, a finalement affirmé vendredi via les réseaux sociaux qu’il ne collaborerait pas avec la commission. « Pour nous, c’est le clou dans le cercueil », a indiqué une source au sein de l’ASSE, se refusant définitivement à participer.

 

La Fraternité des policiers, qui depuis le début refuse de rencontrer les commissaires, n’est pas non plus revenue sur sa position, reconnaît M. Ménard. « [La fraternité] pense encore que cette enquête est là pour les accuser. Dois-je répéter que le mandat est clair ? On ne doit pas se prononcer sur la responsabilité civile ou criminelle de quiconque », a-t-il insisté.

 

Vacances

 

Pour le président de la commission, l’été n’a pas aidé parce que plusieurs témoins clés, dont des policiers, sont en vacances. Cela n’empêchera pas la commission d’avoir, à terme, un portrait clair et fidèle. « Si certains n’expriment pas le point de vue dont nous avons besoin, nous l’obtiendrons de toute façon, en allant autour d’eux », a-t-il répondu en anglais à un journaliste. Il entend aussi communiquer par écrit avec ceux qui ne souhaitent pas collaborer.

 

Le député libéral et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Robert Poëti, demande au gouvernement Marois de mettre un terme définitif à cette commission et d’en reconnaître l’échec. « On arrive à la conclusion, encore aujourd’hui, que même les gens qui, on aurait pensé, auraient voulu participer, disent non. Alors quand c’est non, c’est non. Arrêtons ceci immédiatement. »

 

Pas de procès

 

M. Ménard s’est défendu de vouloir faire le procès du parti politique précédemment au pouvoir, en l’occurrence, le Parti libéral. « Nous reconnaissons qu’un gouvernement légitimement élu peut prendre des décisions qui ne sont pas populaires et estimer qu’il était dans son devoir de le faire quand même, mais c’est le droit des citoyens qui ne sont pas d’accord de manifester », a-t-il rétorqué.

 

Des audiences publiques, diffusées en direct sur Internet, auront lieu le 23 septembre, le 21 octobre et le 18 novembre si nécessaire. Les commissaires espèrent qu’elles auront un effet boule de neige. « Les audiences publiques vont se déployer et il est possible qu’il y ait des groupes qui, voyant le déroulement, décident de s’inscrire, tout le monde est bienvenu, on est avide de bien comprendre », a dit l’ex-syndicaliste et commissaire, Claudette Carbonneau.

 

 

Avec Jessica Nadeau

1 commentaire
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 30 août 2013 16 h 58

    Aucun de la CLASSÉ?

    Ni de la patente qui lui a succédé? Très surprenant, vraiment, qu'ils refusent. C'est plutôt le contraire qui l'aurait été. N'est-ce pas ce groupe dont le représentant a toujours refusé condamner la violence?

    La CLASSÉ de l'époque, qui a encore une fois changé de nom (et de dirigeants: peut-être devrait-elle changer tout court), est constitué d'une bonne partie de radicaux de la gauche, et ils ne sont pas les seuls: cela m'avait frappé à lors des occupation des Indignés, à quel point les discours de certains d'entre eux reprenaient exactement celui raçi de l'extrême gauche des années 60 et 70, à s'y méprendre. Ces mouvements existent toujours et ont peut les voir lors de certaines manifestations, entre autres celles prétendument contre la la brutalité policière qu'ils ne cessent de provoquer, se foutant royalement des vraies victimes de cette brutalité: itinérants, personnes souffrant de problème de santé mentale, immigrants, l'un n'empêchant pas l'autre ou les deux autres.

    Alors y a pas de quoi se surprendre que comme les policiers ils refusent de collaborer. Qui se ressemblent s'assemblent, non?

    Entre ces deux... "gang", ma confiance va à M. Ménard et à tous ceux qui participent. Pour le reste ben on verra bien.