Sri Lanka : violences bouddhistes contre une mosquée

Colombo – La police sri-lankaise a levé dimanche matin le couvre-feu, mais maintenait une présence renforcée dans un quartier de la capitale Colombo, après l’attaque perpétrée la veille par des bouddhistes contre une mosquée.

 

Des centaines de policiers anti-émeutes restaient en alerte dans le quartier de Grandpass, à la suite des violences qui ont fait au moins quatre blessés. « Le couvre-feu a été levé ce [dimanche] matin, mais nous gardons une forte présence sur la zone », a déclaré un porte-parole de la police.

 

Le gouvernement n’a pas commenté ces derniers événements, causés par l’objection de bouddhistes à l’ouverture d’une mosquée dans le quartier.

 

« Nous avons été surpris, car nous pensions que les choses s’étaient calmées », a indiqué à l’AFP Fazin Farook, porte-parole du All Ceylon Jamiyyathul Ulama, l’organisme qui rassemble les responsables religieux musulmans du Sri Lanka. « Avec cette attaque, nous sommes de nouveau soucieux, car nous voyons ce mouvement [anti-musulman] se poursuivre. »

 

En mars dernier, deux commerces tenus par des musulmans avaient été incendiés, à proximité de Colombo, dans une attaque motivée là aussi par un sentiment anti-musulman, a ajouté le responsable. Trois moines bouddhistes et quatorze autres personnes avaient été arrêtés, puis libérés, car personne n’avait porté plainte.

 

Le Conseil des musulmans du Sri Lanka, qui regroupe, lui, des associations de la société civile, s’est dit inquiet, notant que les autorités avaient assuré que cette nouvelle mosquée pouvait ouvrir ses portes, malgré les vives protestations d’un temple bouddhiste voisin.

 

Selon des habitants du quartier, le temple a fait sonner ses cloches samedi pour appeler des dizaines de protestataires qui se sont rendus à la mosquée, pour jeter des pierres aux fidèles.