Manifestation de cyclistes - Montréal défend le travail de ses policiers

Photo: Justin Canning

La Ville de Montréal défend le travail de ses policiers après l’intervention musclée de vendredi lors d’une manifestation de cyclistes, qui a donné lieu à 23 arrestations.

 

Dans une scène qui rappelait le printemps érable de 2012, policiers et manifestants ont joué du coude lors d’un rassemblement appelé « masse critique ». Le but de la centaine de militants : former un groupe serré de vélos qui prend possession de la voie publique, quitte à ralentir les automobilistes.

 

Des manifestants ont raconté au Devoir s’être fait bousculer par des policiers, sans aucun avertissement et sans savoir pourquoi. Des manifestations comme celle-là se tiennent pourtant dans le calme, depuis plusieurs années, à Montréal et ailleurs dans le monde.

 

« Il y a eu deux tentatives d’aller sur le pont Jacques-Cartier, puis des manifestants ont zigzagué entre les véhicules, brûlé des feux rouges et roulé à contresens dans la rue Ontario. Les gens ont le droit de manifester, mais il faut que ça se déroule dans l’ordre », a indiqué le commandant Ian Lafrenière, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

 

« Avec l’information qu’on a eue du SPVM, on trouve que leur intervention a été correcte », a ajouté Darren Becker, directeur des communications du comité exécutif de la Ville de Montréal. Aucun élu n’était disponible, lundi, pour commenter les événements.

 

Tout à coup, boum!

 

Félix-Antoine Tremblay, 22 ans, étudiant en ingénierie à l’École de technologie supérieure, a été arrêté de façon brutale au cours de la manifestation. Une série de photos, captées par un photographe amateur, montre un policier qui pousse le cycliste par terre et l’écrase sur son vélo tombé au sol. La bicyclette a subi des dommages de 300 à 400 $. Et le manifestant a eu droit à une contravention de 500 $ pour avoir contrevenu à l’article 500.1 du Code la sécurité routière, qui interdit d’entraver la circulation.

 

« En haut de la côte du Beaver Hall, boum ! La police arrive en faisant crisser ses pneus et nous saute dessus », raconte le manifestant. Croyant qu’il fallait se disperser, il dit avoir tenté de s’éloigner en roulant sur le trottoir, mais un policier l’a solidement agrippé. Félix-Antoine Tremblay a eu l’impression de revenir un an en arrière, pendant les manifestations du printemps étudiant, auxquelles il avait pris part de façon assidue.

 

Selon nos sources, plusieurs des participants à la « masse critique » de vendredi étaient des « carrés rouges », militants pacifiques contre la hausse des droits de scolarité et contre le fameux règlement P-6. « La police a perdu les pédales en reconnaissant certains carrés rouges », dit un manifestant qui a réclamé l’anonymat.

 

Un groupe d’une vingtaine de manifestants était toutefois formé d’agitateurs qui cherchaient clairement l’affrontement avec la police, selon nos sources. Ces militants anarchistes insultaient les policiers, faisaient du slalom entre les voitures et brûlaient systématiquement les feux rouges.

 

« Ce sont eux, les agitateurs, que la police aurait dû arrêter ! Ils méritaient de se faire arrêter. Mais la police a fait une souricière et en a profité pour arrêter tout le monde », dit Philippe Raymond, gestionnaire en relations publiques de 42 ans. Ce militant cycliste a créé la carte Google de ce qu’il appelle les « pièges à tickets du SPVM ».

 

Après un début d’été mouvementé dans les relations entre cyclistes et policiers, le SPVM évite désormais de commenter les cas individuels d’adeptes du vélo qui se disent victimes d’une injustice, a indiqué le commandant Ian Lafrenière. Il a rappelé les propos du chef Marc Parent en entrevue au Devoir : « Il n’y a pas de chasse aux vélos. »

24 commentaires
  • Francis Gagnon - Abonné 30 juillet 2013 00 h 34

    Goon

    Encore la ville de MTl qui persiste et signe à vouloir soutenir les agisements sauvages des hommes de cro-magnon du SPVM.

  • Mario Leroux - Inscrit 30 juillet 2013 05 h 00

    Manifestations

    Y'a pas à dire,on dirait que certaines personnes aiment chercher le trouble et le trouve!Depuis la nuit des temps,chaque manifestation de masse accompagnée de gestes provocateurs se termine toujours de la même façon:bousculade,brutalité,arrestation et contestation du travail des forces de l'ordre.Lassant à la longue non?Personnellement,je m'abstiens de participer à ces regroupements,sachant comment ça va se terminer!C'est comme revoir le film leTitanic.....quelque soit la version,la fin est toujours la même.Lassant à la longue je disais et perte de temps!

    • François Dugal - Inscrit 30 juillet 2013 12 h 37

      À Mario Leroux,
      Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la Charte Canadienne des Droits.
      Considérez-vous que le fait de rouler à bicyclette est un acte de «provocation»?

  • François Dugal - Inscrit 30 juillet 2013 07 h 50

    Enrichissons notre vocabulaire

    Impunité:
    Absence de sanction, qui découle d'une suspension du droit.

  • Sylvain Auclair - Abonné 30 juillet 2013 08 h 00

    Interdire d'entraver la circulation

    J'espère que la police va profiter de cet article pour donner une contravention à tous les automobilistes pris dans des embouteillages. Ça va aider les finances publiques.

    En passant, quelle est la vitesse minimum sur une rue urbaine?

  • Guillaume Girard - Inscrit 30 juillet 2013 08 h 34

    Version mensongère des policiers... et Montréal qui se cache la tête dans le sable!

    Version mensongère des policiers... et Montréal qui se cache la tête dans le sable!

    Les cyclistes n'ont aucunement eu l'intention d'aller sur le Pont Jacques-Cartier, et il n'y a jamais eu 20 agitateurs dans la manifestation, tout au plus 5 ou 6, et de façon somme toute modérée.

    De plus, les policiers ne savaient même pas pour qu'elle raison ils arrêtaient les cyclistes pour aboutir finalement après concertation, à une amende selon l'article 500.1 du code de la sécurité routière, alors que les cyclistes étaient en mouvement, en plus d'en profiter pour donner à certains 4 amendes différentes pour 4 réflecteurs manquants! De l'abus en voulez-vous, en voilà!

    Devons-nous encore rappeler que manifester est un droit constitutionnel!
    Le SPVM a fait encore une fois du profilage en déguisant le tout en arrestation de masse et en niant le droit constitutionnel des manifestants de manifester pacifiquement.

    La justice est présentement un succédané, pour ne pas dire un déni de la part des forces policières du SPVM et de leurs supérieurs!

    • Mario Leroux - Inscrit 30 juillet 2013 11 h 09

      5 ou 6 agitateurs plutôt que 20.....ça change quoi?La prochaine fois,demandons à la SPVM de ne pas intervenir et on verra après!C'est ça qu'on veut?Vive Montréal,y'a pu de maudites polices!

    • Sylvain Auclair - Abonné 30 juillet 2013 15 h 18

      Monsieur Leroux,
      Ce qu'on veut, c'est qu'on n'arrête que les cinq ou 20 agitateurs plutôt que tous les manifestants.

      Lors du printemps érable, de nombreux témoins ont vu la police attendre que les casseurs se poussent avant d'arrêter les autres manifestants sous prétexte de casse. Bizarre, non?