Poules abandonnées cherchent poulailler

Celui qui accueille des poules dans sa cour en ville devra s’en occuper pour une dizaine d’années, alors qu’elles ne pondront que les deux premières années.
Photo: - Le Devoir Celui qui accueille des poules dans sa cour en ville devra s’en occuper pour une dizaine d’années, alors qu’elles ne pondront que les deux premières années.

Au refuge de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, des caquètements se mêlent aux miaulements et aux aboiements : des poules, abandonnées par des fermiers urbains, font désormais partie de la ménagerie recueillie par l’organisme.

« On en reçoit environ toutes les deux semaines, ce qui fait qu’il y a presque toujours des poules ici », dit Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal.

 

Un coq errant dans Saint-Laurent, quatre petites poules laissées dans une boîte dans Notre-Dame-de-Grâce. « On ne sait pas d’où elles viennent, mais on sait que ces poules étaient dans des familles, car elles sont socialisées », explique Mme Devine. Jusqu’à maintenant, l’organisme a réussi à trouver des familles d’adoption - en campagne - aux gallinacés abandonnés.

 

Rappelons que l’élevage de poules urbaines est toujours interdit à Montréal. La SPCA craint que, si la pratique venait à être permise, le phénomène de l’abandon ne prenne de l’ampleur. « Plusieurs personnes ne sont même pas capables de prendre soin d’un chat ou d’un chien, selon Mme Devine. Les poules, ce sont des animaux complexes. L’hiver, il faut chauffer le poulailler. Il faut les protéger des prédateurs. Des fois, on a besoin du vétérinaire. Si quelqu’un adopte une poule, il faut qu’il soit prêt à s’en occuper dix ans, alors qu’elle ne va pondre que les deux premières années. »

 

Dans Rosemont-La Petite Patrie, où un organisme communautaire a obtenu la permission d’élever quelques poules dans le cadre d’un projet-pilote, on reconnaît que la perspective de retrouver des poules abandonnées dans les ruelles freine l’ambition d’étendre le droit d’élevage à l’ensemble des citoyens.

 

« Je ne suis pas étonnée d’apprendre que la SPCA en a recueilli », dit Francis Côté, directeur de cabinet du maire d’arrondissement, François William Croteau. D’ailleurs, si un seul organisme participe au projet-pilote, c’est probablement parce qu’« ils se rendent rapidement compte de tout l’ouvrage qu’implique un poulailler », estime-t-il.

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