La transparence du BST est critiquée

Les lieux du drame ont été examinés par des inspecteurs fédéraux.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les lieux du drame ont été examinés par des inspecteurs fédéraux.

Certains experts estiment que le Bureau de la sécurité des transports (BST) pourrait être plus transparent en publiant sur son site Web des données plus précises concernant le nombre d’accidents pour chaque compagnie de transport au Canada, qu’elle soit ferroviaire, maritime ou aérienne.


Vendredi, le BST avait décidé de mettre sur son site Internet plusieurs tableaux d’informations, dont des données relatives aux accidents qu’ont connus les compagnies ferroviaires de 2003 à 2012, après la catastrophe de Lac-Mégantic. Jean Laporte, administrateur en chef des opérations du BST, déclarait en conférence de presse qu’il souhaitait agir de manière « proactive », car de nombreuses personnes au pays voulaient connaître le nombre d’accidents dans lesquels était impliquée chacune des compagnies de chemins de fer au Canada.


Mais les tableaux mis en ligne par le BST ne permettent pas de savoir si une compagnie est plus sécuritaire qu’une autre, parmi les 59 entreprises qui exploitent des trains au Canada, selon Allen Hamel, expert en gestion des mesures d’urgence et en sécurité ferroviaire. « Ça ne sert à rien […] C’est comme comparer des pommes et des oranges », estime M. Hamel, qui travaille pour le groupe Transports sur rails au Québec. Si les tableaux montrent que la compagnie impliquée dans l’accident de Lac-Mégantic, la Montreal, Maine Atlantic, a connu 6 « accidents » de trains en 2012, il est difficile de comparer ce nombre à celui des autres entreprises, dit-il. Les données du BST n’indiquent pas le « type de marchandises transportées » ou le nombre de « kilomètres parcourus » par les convois des compagnies, dit M. Hamel. Ceci l’empêche de savoir si une compagnie a plus d’accidents qu’une autre eu égard au nombre de kilomètres de voies qu’elle exploite et au trafic qui y circule. « On n’est pas capables d’interpréter », explique M. Hamel.

 

Amélioration à venir


Toutefois, le BST travaille présentement à rendre disponible sur son site Web le nombre de kilomètres de voies exploitées par chacune des compagnies ferroviaires, explique Roxanne Daoust, gestionnaire des communications au sein de l’organisme fédéral. Le processus prend du temps. « Ce ne sont pas des données que l’on nous envoie systématiquement », explique-t-elle.


Le BST devrait publier les données concernant le nombre d’accidents par compagnie, pour chaque type de transport, estime l’expert en aviation, Yvan-Miville Des Chênes. Sur le site du BST, il est impossible de voir le nombre d’accidents pour une compagnie aérienne ou maritime en particulier, alors que cette information est disponible dans le cas du transport ferroviaire. « On pourrait faire la même chose pour les autres accidents tant au niveau aérien que pour les pipelines », dit M. Des Chênes.


Mais les ressources du BST sont limitées. « On ne pourrait pas le faire pour tous les modes de transport », dit Mme Daoust.


Des coûts sont liés à la compilation de ces données, notamment pour la « traduction » et la mise à jour des informations en ligne. Toutefois, elles sont accessibles sur demande, précise-t-elle. « Tout ce qu’il y a de disponible devrait être disponible […] le public canadien a le droit de savoir », dit M. Des Chênes, estimant que ces informations permettraient de faire pression sur les compagnies qui ne respectent pas les normes de sécurité.