«Comme un site de guerre», dit Harper

Le premier ministre Stephen Harper a rencontré des sinistrés à la Polyvalente Montignac.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le premier ministre Stephen Harper a rencontré des sinistrés à la Polyvalente Montignac.

Une zone de guerre. Une scène de désolation. Les politiciens qui ont tenu à voir pour comprendre l’ampleur du drame ont été choqués par les scènes qu’ils ont vues : depuis les airs, la première ministre Pauline Marois a cru survoler samedi une scène de désolation. Depuis le centre-ville dévasté, le premier ministre Stephen Harper a évoqué un « site de guerre ». Hormis la sollicitude à l’endroit des citoyens touchés, les dirigeants n’ont toutefois pas osé s’aventurer dans l’arène des responsables ou des coupables, laissant à l’enquête le soin de se dérouler.

« C’est une catastrophe, un centre-ville détruit », a confié Mme Marois, visiblement touchée par l’ampleur de l’événement. « J’ai ressenti une profonde désolation en voyant tous ces bâtiments brûlés, une grande tristesse surtout pour tous les gens. Je comprends la population d’être aussi affectée, et c’est pour cette raison que je voulais être ici personnellement. Je veux lui offrir mon réconfort, mon appui et ma solidarité. Je parle bien sûr au nom de mon gouvernement et au nom de la population du Québec. »


Responsabilités partagées


M. Harper a souligné quant à lui la perte immense que constitue un centre-ville historique littéralement rasé, sans le moindre reste pour démarrer une reconstruction. Au chapitre de l’enquête et des responsabilités partagées, le premier ministre s’en est remis à l’enquête. « Je pense que c’est essentiel de ne pas faire de commentaires sur cette situation avant de tout savoir ce qui se passe », a-t-il dit dans un point de presse organisé au quart de tour par une équipe visiblement anxieuse de voir le premier ministre canadien à découvert dans un espace public envahi de sinistrés, l’événement ayant eu lieu à la polyvalente Montignac où s’est érigé un camp de fortune pour sinistrés.


Interrogé sur les questions de sécurité en matière de transport ferroviaire, il a admis être inquiet par ce qu’il a entendu. « J’ai entendu des choses qui me préoccupent beaucoup, et c’est difficile d’imaginer comment un tel accident peut se produire, car nous avons des règles pour empêcher cela, mais ce n’est pas ma place de dire des choses sur les responsabilités » impliquées dans cet accident, a-t-il dit.


Le chef du NPD Thomas Mulcair a lui aussi survolé la scène en journée dimanche, pour être doublement choqué par un spectacle triste. Une première fois en voyant la zone entièrement soufflée laissée par les explosions, et une seconde en atterrissant dans le champ d’un citoyen généreux, pour se rendre compte qu’il était accueilli par une jeune fille de douze ans et sa mère ayant apparemment perdu l’une son père, l’autre son conjoint.


Accompagnement psychosocial


Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, responsable de la région de l’Estrie, est toujours posté à Lac-Mégantic. Depuis l’hôpital, il supervise tant l’accompagnement psychosocial des sinistrés, tous touchés d’une manière ou d’une autre par le drame qui afflige la ville, que les actions campées dans le domaine de la santé publique. Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a l’oeil sur les conséquences portées à l’environnement d’un déversement aussi imposant de pétrole brut en un court laps de temps.


D’autres politiciens, tels Amir Khadir de Québec solidaire, ont traversé la zone sinistrée. « Pour que la catastrophe ne soit pas juste une horreur insensée et qu’on puisse mieux passer le choc et le deuil, il faut commencer à réfléchir, pour comprendre comment c’est arrivé », a dit M. Khadir.