Lac-Mégantic - Au moins cinq morts et une quarantaine de disparus

Le premier ministre canadien Stephen Harper, qui a comparé le lieu de l'accident à une «zone de guerre», sympathise avec un sinistré.
Photo: Le Devoir Le premier ministre canadien Stephen Harper, qui a comparé le lieu de l'accident à une «zone de guerre», sympathise avec un sinistré.

Lac-Mégantic — Le temps passe, les choses se précisent, et le bilan s'alourdit. Vers 12h, les autorités ont confirmé avoir trouvé deux nouvelles victimes ce matin dans les décombres, le travail des enquêteurs progressant dans les zones du centre-ville dévasté où les pompiers permettent désormais l'accès.

Le coeur du sinistre demeure toujours non atteignable, et c'est pourquoi la Sûreté du Québec a évalué, avec les témoignages fournis par les familles inquiètes, à une quarantaine de personnes les portés disparus qui pourraient clairement rehausser le bilan des victimes.
 
Ce matin, deux ambulances avaient traversé en trombe la rue Laval: il s'agissait des deux nouvelles victimes, qui portent le bilan des décès à cinq. Les dépouilles sont expédiées au laboratoire de sciences juridiques et sciences médico légales de Montréal, a confirmé la porte-parole du Bureau du coroner, Geneviève Guilbault. Celle-ci a également précisé qu'une structure de gestion de décès multiples avait été déployée depuis samedi. Voilà au moins cinq ans qu'au Québec un tel déploiement n'a pas été nécessaire.
 
Mme Guilbault a confié qu'il était en effet possible que compte tenu de l'intensité du brasier, il ne soit pas possible d'identifier ou de retrouver certaines dépouilles. « C'est une hypothèse. Mais ce n'est pas impossible. »
 
Périmètre de sécurité

Dans ce lot de nouvelles sinistres, un baume: pour les centaines de sinistrés campant toujours à la polyvalente Montignac, faute de pouvoir intégrer leur logis, les policiers ont indiqué être prêts à restreindre le périmètre de sécurité en libérant les résidants des rues Pie XI à Cousineau du fardeau d'être à la fois inquiets et hors de chez soi.
 
Après avoir survolé lui aussi les lieux, quelques heures avant le premier ministre Stephen Harper, attendu tout à l'heure, le chef du NPD Thomas Mulcair a partagé toute son incompréhension face au drame et sa sollicitude vis-à-vis des citoyens.
 
« Nous avons atterri dans un champ [venu en hélicoptère] et la jeune fille de douze ans que j'ai d'abord vue m'a expliqué qu'elle restait sans nouvelle de son père », a-t-il dit, ému. Quant au silence de la compagnie ferroviaire, qui n'a pas tenu encore de point de presse pour exposer sa version des faits, M. Mulcair a eu ce commentaire. « C'est un silence qui en dit beaucoup. »
 
La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a expliqué qu'elle avait toujours été très sensible à cette circulation d'un train en plein cœur de sa ville de 6000 habitants. « Elle traverse trois fois la ville », dit-elle. La mairesse a expliqué avoir demandé « récemment » à la compagnie de faire un entretien des voies ferrées. « C'est ce qu'on leur demandait, de s'occuper des voies ferrées de façon convenable », a-t-elle dit.

Une zone de guerre, dit Harper

Un passage dimanche après-midi dans le centre-ville sinistré de Lac-Mégantic a fait dire au premier ministre Stephen Harper qu'il avait eu l'impression de se retrouver dans un «site de guerre».
 
Après une visite orchestrée au quart de tour qui l'a mené aux quartiers généraux de la Sûreté du Québec, puis près  de la zone dévastée et enfin au centre d'hébergement des sinistrés sis dans la polyvalente, M. Harper a dit comprendre tous les questionnements et les émotions causés par cet accident tragique, mais affirme vouloir disposer de tous les faits avant de juger ou condamner.
 
«J'ai entendu des choses qui me préoccupent beaucoup, et c'est difficile d imaginer comment un tel accident peut se produire car nous avons des règles pour empêcher cela, mais ce n est pas ma place de dire des choses sur les responsabilités.»  
 
Il espère l'enquête détaillée avant de commenter plus avant sur ce qui pourrait être amélioré en matière de sécurité des transports ferroviaires de matières dangereuses ou de contrôle de qualité.
 
Le premier ministre a offert ses condoléances aux gens rencontrés car, dit-il, «il n y a pas une famille dans cette zone qui n est pas touchée par le drame».
 
Il a dit qu'il n'était pas opportun aujourd'hui de causer programmes d'aide financière mais a assuré que des mécanismes prévalaient pour ce type de besoin. Il a insisté l'aspect tragique de la destruction du quartier historique de la ville.
 
Le Devoir

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