Meurtre d'un policier - Tentative d'intimidation des jurés au procès de Stéphane Boucher

Louis Boucher, un gaillard dans la mi-trentaine, a intimidé le jury qui doit décider du sort de son frère cadet, accusé du meurtre d'un policier et de deux vols à main armée, un incident malheureux qui ne se reproduira plus, a assuré le juge James Brunton hier.

Louis Boucher, installé en haut d'un escalier, fixait de manière intense les 12 membres du jury lorsqu'ils quittaient ou entraient dans la salle d'audience dans le cadre du procès pour meurtre et vols à main armée de son frère. Stéphane Boucher, 26 ans, est accusé d'avoir tué le policier Benoît L'Écuyer de quatre balles lors d'une fusillade survenue le 28 février 2002 sur l'autoroute 40, à Montréal.

Le jury a lui-même adressé une note au juge James Brunton pour lui faire part des tentatives d'intimidation de Louis Boucher sans connaître l'identité de ce colosse doté du physique de l'emploi. C'est une constable spéciale du palais de justice qui a divulgué aux jurés le nom de Louis Boucher et son lien avec l'accusé, un geste répréhensible aux yeux du juge.

«Il n'y a aucune preuve, aucune suggestion que c'est l'accusé qui a demandé à son frère de faire quoi que ce soit. On ne peut pas contrôler les gestes de nos amis, de notre parenté», a dit le juge Brunton dans sa directive au jury. Il a enjoint aux sept femmes et cinq hommes de ne pas se laisser influencer par cet incident. «Ça ne doit avoir aucun impact sur la décision que vous allez rendre.»

Dix-sept policiers en uniforme, l'arme à la hanche, de même qu'une poignée d'agents en civil assistaient par ailleurs aux audiences hier en compagnie de la veuve de Benoît L'Écuyer. Là aussi, le juge Brunton a indiqué au jury qu'il ne devait pas se laisser influencer par leur présence bien visible. «Les policiers sont des citoyens comme tout le monde. Ils ont le droit d'être présents au procès. [...] Ça ne devrait avoir aucun impact sur votre décision. C'est la preuve qui compte», a-t-il réitéré.

Au terme de ces deux incidents, le procès a été ajourné jusqu'à mardi. Ken Leach, un citoyen qui a secouru le policier L'Écuyer après la fusillade, poursuivra son témoignage. Un autre témoin oculaire, Raymond Crevier, a affirmé mercredi que l'agent L'Écuyer avait tiré les deux premiers coups de feu sur Boucher alors qu'il prenait la fuite, à pied, sur l'autoroute 40. Boucher et L'Écuyer se trouvaient face à face, à cinq ou dix mètres de distance, lorsque le fuyard a touché le policier d'une balle fatale.