Les infrastructures canadiennes sont plus vulnérables aux désastres naturels

L’heure est au nettoyage et aux travaux de réfection à Calgary après les inondations historiques des derniers jours.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jeff McIntosh L’heure est au nettoyage et aux travaux de réfection à Calgary après les inondations historiques des derniers jours.

Les infrastructures canadiennes sont devenues plus vulnérables aux désastres naturels, comme les inondations frappant actuellement le sud de l’Alberta, en raison de la hausse des coûts d’entretien et de l’augmentation de la fréquence de ces catastrophes à cause des changements climatiques, affirment des experts participant à une conférence sur la gestion de ce genre de situations.

Selon Adrian Gordon, l’ancien président du Centre canadien de préparation aux situations d’urgence, il ne sera jamais possible d’être suffisamment préparé pour une catastrophe.


Au dire du Dr Saeed Mirza, un professeur de l’Université McGill se spécialisant en génie structurel, les coûts d’infrastructures « monumentaux » accumulés en raison de « décennies de négligence » ont rendu le Canada particulièrement vulnérable aux événements catastrophiques.


« La fréquence et l’intensité de ces événements se sont accrues à un rythme grandissant, et ce qui était autrefois un événement unique en un siècle pourrait désormais représenter la norme, a-t-il dit. Lorsque nous regardons Calgary, nous avons eu des inondations, en 2005, qui ont été décrites comme étant les pires en 100 ans, alors que celles-ci, selon certaines descriptions, sont trois fois plus importantes. »


Les changements climatiques ont par ailleurs eu un « impact significatif » sur l’intensité et la fréquence de ces événements, mais le refus de les prendre en considération et un manque de préparation des gouvernements municipaux ont révélé des failles dans le système, a ajouté M. Mirza.

 

Gare à l’avenir


Paul Kovacs, animateur de la conférence et membre du Conseil canadien pour le développement social et du Service météorologique du Canada, affirme que l’événement international se penchera sur la préparation du pays face aux désastres naturels.


Selon lui, s’il n’est pas possible de savoir exactement quand se produira une catastrophe naturelle, ces événements se multiplieront à l’avenir. « Tenons-nous compte de cela lorsque nous décidons de quelle façon nous bâtissons et prenons soin de nos systèmes ? Malheureusement, la réponse est trop souvent non. »


M. Mirza estime que les investissements nécessaires dans les infrastructures canadiennes ont atteint 1000 milliards, alors qu’un récent sondage du McKinsey Global Institute effectué plus tôt cette année fait passer cette somme à 57 000 milliards pour l’ensemble de la planète.


« Sur le plan du financement, les montants sont effrayants et aucun gouvernement ne dispose de l’argent pour remettre les infrastructures en état », a souligné M. Gordon.


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Un fonds d’un milliard

Les inondations risquent de coûter cher à l’Alberta. La première ministre, Alison Redford, a annoncé lundi l’injection d’une somme initiale d’un milliard de dollars afin de financer la première phase des efforts de reconstruction. Les dépenses imprévues relatives à cette catastrophe ne permettront pas à la province de retrouver un budget à l’équilibre avant plusieurs années, a-t-elle dit. « Le monde a changé jeudi, a-t-elle affirmé. Je ne veux pas faire peur aux gens, mais on parle d’un plan de reconstruction sur dix ans. » La Banque de Montréal a dans le même temps estimé entre 3 et 5 milliards les dégâts provoqués par ces inondations. Alors que les quelque 75 000 habitants évacués de Calgary ont obtenu lundi le feu vert pour réintégrer leur domicile, ceux de Medicine Hat ont été informés qu’ils ne pouvaient s’attendre à en faire de même avant quelques jours. La rivière Saskatchewan-Sud a atteint son plus haut niveau. La crue de ses eaux menace toujours les digues, qui pourraient céder à tout moment. Environ 1000 résidences ont été affectées par la montée des eaux et 10 000 personnes ont dû quitter leur domicile. Autre conséquence de ces pluies diluviennes, une fuite de pétrole a été constatée samedi au sud-est de Fort Mc Murray, entraînant la fermeture de tous les oléoducs du secteur détenus par Enbridge.

Agence France-Presse