Le pape demande au G8 de s’occuper de la Syrie et des pauvres

Le pape François a salué les fidèles à son arrivée sur la place Saint-Pierre, dimanche, pour la messe.
Photo: Agence France-Presse (photo) Tiziana Fabi Le pape François a salué les fidèles à son arrivée sur la place Saint-Pierre, dimanche, pour la messe.

Cité du Vatican — Le pape François a appelé dimanche le G8 à s’efforcer d’obtenir « un cessez-le-feu immédiat » en Syrie, l’invitant aussi à se préoccuper non seulement des problèmes économiques, mais aussi des « plus pauvres », à la veille d’un sommet en Irlande du Nord.


« J’espère que le sommet apportera sa contribution pour obtenir un cessez-le-feu immédiat et durable et amener toutes les parties en conflit à la table des négociations », a déclaré le pape, dans une lettre adressée au premier ministre britannique David Cameron, diffusée par le Vatican.


Il a appelé chacun à « renoncer de façon clairvoyante à certaines exigences, pour construire ensemble une paix plus juste et équitable ».


Dans sa missive au chef du gouvernement britannique, hôte du sommet du G8 organisé à Lough Erne, le pape a souligné aussi que « le but de l’économie et de la politique est de se mettre au service des hommes, à commencer par les plus pauvres et faibles, où qu’ils se trouvent y compris dans le giron de leur mère ».


Comme déjà à plusieurs reprises depuis le début de son pontificat le 13 mars, le pape a souligné que la crise économique mondiale « montre que l’éthique n’est pas quelque chose d’externe à l’économie, mais une partie intégrale et irremplaçable de la pensée et de l’action économiques ».


L’homme, a-t-il souligné, « n’est pas un facteur économique en plus ou une chose dont on peut se débarrasser, mais il a une nature et une dignité indépendantes de simples calculs économiques ».


Selon ce pape issu de la congrégation des Jésuites, « toute théorie ou action économique et politique doit s’efforcer d’apporter à chaque habitant de la terre le minimum de bien-être qui permette de vivre avec dignité, dans la liberté, avec la possibilité d’avoir une famille, d’éduquer des enfants, de louer Dieu et de développer ses propres capacités humaines ».


Aux yeux du pape, qui lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires a toujours montré une grande attention aux couches les plus défavorisées, « c’est la chose essentielle, sans cette vision, toute l’activité économique n’aurait aucun sens ».


En conséquence, « les graves défis économiques et politiques du monde actuel réclament un changement courageux d’attitude », a martelé le pape. « L’argent et les autres instruments politiques et économiques doivent être au service [de l’homme] et pas gouverner, et il faut garder à l’esprit que la solidarité gratuite et désintéressée est, de façon paradoxale, la clef du bon fonctionnement économique global », a-t-il ajouté.


Dans sa réponse, le premier ministre Cameron a rappelé avoir promis à l’ex-pape Benoît XVI lors de sa visite à Londres en septembre 2010, que son pays allait « maintenir ses promesses en consacrant 0,7 % de son PIB à l’aide internationale au développement ». Il a souligné aussi s’être engagé « à destiner les fonds à ceux qui en ont le plus besoin » et à « redoubler d’efforts dans le sens du bien commun en travaillant étroitement avec le Saint-Siège ».

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