La femme du Dr Porter est mise en accusation à Montréal

Pamela Porter a été accusée d’avoir aidé son mari, le docteur Arthur Porter, à blanchir des millions de dollars, vendredi, au Palais de justice de Montréal.


Mme Porter, extradée du Panama vers le Canada jeudi, n’a pas enregistré de plaidoyer lors de sa brève comparution au tribunal. Elle doit revenir en cour lundi afin de déterminer une date pour son audience sur sa remise en liberté.


Son époux est l’une des nombreuses personnes accusées en lien avec des fraudes qui seraient survenues lors de la construction du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), un chantier de 1,3 milliard de dollars. Mme Porter fait face à un chef d’accusation de complot et à un autre de recyclage des produits de la criminalité. Elle est soupçonnée d’avoir aidé son conjoint à blanchir 22,5 millions.


Elle est arrivée vendredi matin au quartier général de la Sûreté du Québec à Montréal, entourée de policiers à bord d’une voiture balisée. Mme Porter avait précédemment fait escale à Toronto. L’accusée demeurera incarcérée pendant le week-end, et la Couronne a fait connaître son intention de contester sa demande de remise en liberté. « La gravité du dossier, le fait que nous ayons dû procéder par voie d’extradition et le risque de fuite » sont les raisons pour lesquelles la Couronne s’oppose à sa remise en liberté, a indiqué en point de presse Me Marie-Hélène Giroux, du Bureau de lutte à la corruption et la malversation.


Au Panama


De son côté, Arthur Porter se trouve toujours détenu au Panama et conteste son extradition vers le Canada. Il soutient que son arrestation était illégale en raison de son immunité diplomatique.


L’ancien directeur du CUSM fait face à plusieurs chefs d’accusation relativement au chantier du superhôpital, mais soutient n’avoir rien fait de mal. Il est accusé de fraude, complot pour fraude, fraudes envers le gouvernement, abus de confiance, commissions secrètes et recyclage des produits de la criminalité.


L’homme, qui a habité aux Bahamas, a été arrêté avec son épouse à son arrivée au Panama le mois dernier en vertu d’un mandat d’arrestation international d’Interpol. À la fin du mois dernier, son avocat panaméen avait confirmé à La Presse canadienne qu’il allait contester l’extradition, mais aussi demander une libération sous caution. L’avocat a notamment affirmé que la requête en extradition du gouvernement canadien avait été mal préparée.


Si la libération est accordée, M. Porter devra demeurer au Panama jusqu’à ce que les procédures d’extradition soient terminées, un processus qui pourrait durer des mois.

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