350 ans plus tard - Les filles du Roy remettent ça

Trente-six Québécoises ont entamé à Paris un périple qui les mènera sur les traces des filles du Roy.
Photo: Luc Allaire Trente-six Québécoises ont entamé à Paris un périple qui les mènera sur les traces des filles du Roy.

Paris — En ce 350e anniversaire de l’arrivée des filles du Roy, 36 Québécoises ont entamé jeudi à Paris un périple qui doit les mener sur les traces du premier contingent qui atteignit Québec en 1663. L’aventure a commencé jeudi à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, d’où un grand nombre d’orphelines ayant accepté la dot offerte par le roi gagnèrent la Nouvelle-France.

 

Dans la chapelle de l’ancien hôpital général de Paris où étaient réunies 80 personnes, un colloque a rappelé l’épopée de ces pionnières qui « sont devenues les mères de la nation », dit Madeleine Juneau, directrice de la Maison Saint-Gabriel à Montréal. Sous l’oeil attentif de ces 36 Québécoises d’aujourd’hui habillées en costume d’époque et personnifiant chacune l’une des 36 passagères du premier navire qui quitta La Rochelle, historiens et chercheurs ont évoqué cette épopée.

 

Saintes ou pouliches

 

« Ces femmes, on en a fait des saintes ou des pouliches, dit Maud Sirois-Belle, responsable du 350e anniversaire. C’étaient tout simplement des femmes qui allaient fonder un pays. » Un texte du baron de Lahontan, dont l’authenticité est par ailleurs contestée, leur aurait prêté de « petites vertus ». Une rumeur qui s’est par la suite répandue. Les historiens s’entendent aujourd’hui pour dire qu’il s’agit d’une affabulation et que ces femmes venaient de tous les milieux, même si elles étaient souvent veuves ou orphelines.

 

Certains participants étaient venus d’aussi loin que de Cracovie pour participer aux débats. C’était le cas d’une jeune Polonaise, Joanna Woda, qui prépare un mémoire de licence sur les filles du Roy. Arrivée le matin par train à Paris, elle repartait le soir même. « Après avoir étudié l’Amérique, je voulais découvrir l’Amérique en français, dit-elle. Comme j’ai vécu en France et en Espagne, je me suis un peu identifiée à l’aventure de ces filles parties vers l’inconnu. »

 

À Montréal et à Québec en août

 

En fin de journée, le délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille, a dévoilé une plaque au mur de ce qui était au XVIIe siècle le pavillon des jeunes filles. Le délégué était accompagné du maire du 13e arrondissement de Paris, Jérôme Coumet. Maud Sirois-Belle a lu un texte retrouvé dans les archives de l’Assistance publique de Paris évoquant le départ des filles de l’hôpital vers le Canada.

 

Durant tout le mois de juin, ces 36 Québécoises âgées de 18 à 60 ans personnifiant le premier groupe de filles du Roy vont sillonner la France en s’attardant surtout dans les régions d’où venaient celles que Marguerite Bourgeois appelait ses « filles à marier ». Après Paris, elles gagneront Rouen avant de se rendre à Dieppe, à Caen et dans le Perche. De grandes commémorations et un départ symbolique en voilier sont prévus le 15 juin à La Rochelle, d’où partirent sur l’Aigle d’or les 36 filles du premier contingent.

 

La suite des commémorations se déroulera au Québec, où de nombreuses festivités se dérouleront au début août à Québec et Montréal, dont une arrivée symbolique et un bal des prétendants à la Maison Saint-Gabriel.

7 commentaires
  • Jean-Guy Dagenais - Inscrit 7 juin 2013 07 h 20

    Je me dois

    350 ans cette année que les Filles ‘’dotées’’ par le Roy Louis XIV sont venus se joindre à la colonie.
    N’eut été de leur venu il n’y aurait pas eu de Québec aujourd’hui.

    Et point de Dagenais.

    C’est pourquoi, lorsque je parle de mon ancêtre je me dois de nommer cette femme
    qui a nom de Anne Brandon. Elle a épousé mon ancêtre et ils ont vécu sur ce coin de terre d’Amérique.

  • Grace Di Lullo - Inscrit 7 juin 2013 09 h 42

    Bon Anniversaire chères demoiselles

    On a voulu les faire passer pour des ....,mais au contraire c'était très souvent de braves jeunes femmes d'origine modestes et orphelines.Plusieurs étaient des citadines. Certaines étaient lettrées. Elles recherchaient un époux avec maison ou terre. Elles sont de femmes très importantes.

    Merci, Filles du Roy !

  • Normande Ginchereau - Abonnée 7 juin 2013 10 h 26

    Page importante de notre histoire

    Merci monsieur pour ce texte excellent et important. Formidable, vous avez eu l'occasion de rencontrer des responsables de l'événement LE 350e ANNIVERSAIRE DE L'ARRIVÉE DES FILLES DU ROY en Nouvelle-France. Certaines ont été un peu trop enthousiastes en affirmant qu'elles «étaient des femmes qui allaient fonder un pays» ou «qu'elles sont devenues les mères de la nation» ... c'est quelque peu exagéré puisque la colonie a été fondée avant 1663 et comme Québec a toujours été occupée depuis 1608, c'est reconnaître qu'il y a eu des pionnières avant les Filles du Roy. Ce qui n'enlève rien à leur mérite. Tous les Québécois dont les ancêtres sont venus s'établir au début de la colonie peuvent compter des centaines de Filles du Roy dans leur généalogie.
    Au mois d'août, du 7 au 11, lors des Fêtes de la Nouvelle-France, à Québec, il y aura des événements particuliers. À Québec, se sont installées quelque 500 des 800 Filles du Roy venues de 1663 à 1673.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 7 juin 2013 12 h 28

    Devoir de mémoire

    Enfin l'arrivée des filles du roi est reconnue et célébrée. C'est un événement important dans l'histoire du Québec. Elles ont permis aux jeunes habitants et soldats de s'établir ici et fonder une famille, grâce aux dots du roi Louis XIV. On ne compte plus le nombre immense de leurs descendants. Il faut aussi remercier les religieuses qui les ont préparé en France et acceuillies ici. Il était temps d'y voir. Et de réparer les faussetés répandues à leur sujet, entre autre par Mordecai Richler, dont je vous éviterai les qualificatifs odieux.

  • Claude Jean - Inscrit 7 juin 2013 12 h 42

    Oser le nouveau monde

    La Maison Saint-Gabriel présente sa nouvelle exposition temporaire Oser le Nouveau Monde, du 9 mai au 22 décembre 2013. En cette année de commémoration du 350e anniversaire de l’arrivée des premières Filles du Roy en Nouvelle-France, cette exposition met en lumière leurs origines, les affres de la traversée, leur installation et leur descendance.

    http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/fr/communique

    Vive les Filles du Roy!