Une coalition demandera à la Cour suprême de décriminaliser les prostituées

Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir

Ottawa — La Coalition des femmes pour l'abolition de la prostitution exhortera la Cour suprême du Canada à décriminaliser les travailleuses et les travailleurs du sexe tout en maintenant les sanctions pénales contre les proxénètes et les clients.

Le plus tribunal du pays tiendra une audience la semaine prochaine qui aura un impact déterminant sur les lois encadrant la prostitution en sol canadien.
 
Ce cas fait suite à un jugement rendu par la Cour d'appel de l'Ontario qui a invalidé les dispositions sur les maisons closes, mais a conservé l'interdiction de solliciter des clients, qui rend illégale la prostitution dans la rue.
 
Pour expliquer sa décision, le plus haut tribunal ontarien a fait valoir que la loi sur les bordels mettait en danger la vie des travailleurs et les travailleuses du sexe en les obligeant à travailler à l'extérieur.
 
La Coalition est l'un des quelque 20 groupes à avoir obtenu le statut d'intervenant pour plaider devant la Cour suprême.
 
Elle est constituée de sept organismes, dont le Regroupement québécois des centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, l'Association des femmes autochtones du Canada et l'Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry.
 
Diane Matte, qui dirige l'organisme québécois Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle, a déclaré que la proposition de la Coalition était basée sur le «modèle nordique» adopté par la Suède, la Norvège et l'Islande qui criminalise les proxénètes et les clients, mais met les travailleuses et les travailleurs à l'abri des poursuites.