Prier avant les conseils municipaux?

La Cour suprême des États-Unis s’est saisie lundi d’un cas relatif à la constitutionnalité de prières avant des conseils municipaux, qui pose la question de la séparation de l’Église et de l’État dans un pays très religieux où de nombreux actes publics commencent par une prière.


La plus haute juridiction du pays a décidé de se saisir du cas concernant la petite ville de Greece, dans l’état de New York (nord-est), dans laquelle les séances du conseil municipal depuis 1999 commencaient par une prière choisie par un citoyen, quelle que soit sa religion.


Deux administrés, notant la très grande fréquence de prières chrétiennes, avaient saisi la justice en février 2008 en affirmant que cette pratique violait le Premier amendement des États-Unis et son «Establishment Clause», qui affirme qu’aucune loi ne doit établir la prééminence d’une religion spécifique.


Une cour de première instance avait jugé que cette pratique ne violait pas cette clause avant qu’une cour d’appel n’estime au contraire qu’elle en avait «l’effet», même si ce n’était pas son intention de départ. D’autres cours d’appel ayant statué de manière différente sur des cas similaires, la Cour suprême devra trancher.


Pour l’association Alliance Defending Freedom, partie prenante de l’affaire en justice, «la pratique de la prière avant une réunion d’élus est ancrée fermement dans l’histoire et la tradition de cette nation», a affirmé dans un communiqué son avocat Thomas Hungar.


Pour l’association Americans United for Separation of Church and State (Américains unis pour la séparation de l’Église et de l’État) au contraire, «un conseil municipal n’est pas un office religieux et ne doit pas y ressembler», selon son directeur Barry Lynn.


L’affaire, qui pourrait avoir des répercussions sur nombre de cérémonies publiques commençant par des prières, sera examinée lors de la prochaine session de la Cour suprême démarrant en octobre.

1 commentaire
  • Franklin Bernard - Inscrit 21 mai 2013 16 h 45

    La prière et les fusils.

    Les sectes et la NRA. Ça va ensemble. C'est ça, les États-Unis. Quand ils décident d'être rétrogrades, ils ne le sont pas à moitié.