Douze ingénieurs ciblés par l’Ordre

Une douzaine d’ingénieurs accusés jeudi en lien avec la corruption et la collusion à Laval font aussi l’objet d’une enquête de leur ordre professionnel.

L’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a confirmé qu’au moins 12 de ses membres figurent parmi les 37 personnes arrêtées jeudi à Laval. Les noms de Rosaire Sauriol, ancien vice-président chez Dessau, de François Perreault et Yannick Bouchard, ex-vice-présidents chez Genivar, d’Yves Théberge, ex-vice-président chez CIMA + et de Claude Asselin, ex-directeur général de la Ville de Laval, se trouvent notamment sur la liste des accusés.


Selon l’enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), les firmes d’ingénieurs et les entrepreneurs se partageaient les contrats publics avec la complicité de fonctionnaires et d’élus municipaux menés par l’ex-maire Gilles Vaillancourt. Les entreprises versaient des pots-de-vin aux représentants de la Ville en échange de contrats, dans le cadre d’un système de gangstérisme bien organisé, selon la police.


« On est contents de voir que l’UPAC fait bien son travail », a affirmé Daniel Lebel, président de l’Ordre des ingénieurs.


Plus de 50 enquêtes


La majorité des ingénieurs accusés jeudi faisaient déjà l’objet d’une enquête du Syndic de l’OIQ après que leurs noms eurent été cités à la commission Charbonneau, indique M. Lebel. Le Syndic a ouvert une cinquantaine d’enquêtes sur des ingénieurs en lien avec la commission Charbonneau. Aucune n’a donné lieu à des sanctions à ce jour.


Jeudi soir, l’OIQ cherchait à confirmer l’identité de deux autres accusés soupçonnés d’être des ingénieurs, ce qui pourrait porter à 14 le nombre de membres de la profession visés par la frappe de l’UPAC à Laval.


Trois avocats ont été arrêtés dans le cadre de cette opération policière, dont Jean Bertrand, qui était représentant officiel du parti PRO des Lavallois, dissous dans la foulée de la démission de l’ex-maire Vaillancourt, en novembre dernier. Me Bertrand a travaillé pour la firme Dunton Rainville jusqu’à la fin de l’année 2012. Pierre L. Lambert, aussi arrêté jeudi, travaillait également pour cette firme, qui a obtenu pour plus de 25 millions de dollars de contrats de la Ville. Quant à l’avocat Robert Talbot, accusé lui aussi jeudi, il était l’avocat de la famille Vaillancourt.


« Le Barreau surveille les événements de très près, tout comme le Bureau du syndic, qui travaille en toute indépendance et dans la plus stricte confidentialité », a dit Martine Meilleur, porte-parole du Barreau.

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