Coupes à l’aide sociale - «On n’a pas le coeur à la fête»

La ministre Agnès Maltais a annoncé à la fin avril les grandes lignes des modifications à l’aide sociale qui doivent entrer en vigueur le 1er juin.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La ministre Agnès Maltais a annoncé à la fin avril les grandes lignes des modifications à l’aide sociale qui doivent entrer en vigueur le 1er juin.

Triste, triste Semaine de la dignité des personnes assistées sociales, soupirait hier Amélie Châteauneuf, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales, à sa sortie d’une rencontre avec la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Agnès Maltais.

« On n’a pas trop, trop le coeur à la fête », a-t-elle dit mardi, déçue, comme ses homologues du Collectif pour un Québec sans pauvreté, que la ministre soit apparemment demeurée inflexible sur les changements qu’elle entend apporter au régime de prestations d’aide sociale. Depuis le début d’avril, où Mme Maltais a annoncé les grandes lignes de ces modifications qui doivent entrer en vigueur le 1er juin, rien ne semble avoir changé.


« Nous sommes indignés, outrés, déçus, en colère, et tout ce que vous voulez », a dit Serge Petitclerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté. « aucun détail de plus, on ne sait toujours pas combien de places il y aura dans les ressources en emploi, où iront les enfants si les parents sont en parcours d’emploi », a affirmé Mme Châteauneuf, qui croit toujours que les modifications proposées ne feront que retourner des gens dans une pauvreté encore plus grande.


« C’est le retour du bâton ! », ajoute M. Petitclerc, qui affirme que l’entretien de mardi n’a pas été « très agréable ». Les modifications doivent cibler deux catégories de prestataires qui perdront l’allocation mensuelle de 129 $ pour « contrainte à l’emploi » : les bénéficiaires de 55 à 57 ans et des familles avec un enfant de moins de cinq ans. En plus, de nouvelles règles encadreront le versement de l’allocation d’hébergement pour les toxicomanes en traitement.

 

Pas d’ouverture


La ministre Agnès Maltais a réagi à cette sortie, où le Front commun a même demandé sa démission, en déplorant la fermeture des groupes, alors qu’elle entend améliorer le sort des personnes démunies en les retournant sur le marché du travail. « J’ai répondu à toutes leurs questions, mais ils veulent que rien ne change », a déclaré Mme Maltais mardi dans certains médias. « Moi, j’ai demandé à Emploi Québec de changer ses pratiques. On va sortir des gens de l’aide sociale et les amener à briser le cercle de la pauvreté. C’est ça, l’esprit. Et ils veulent que rien ne change. Même dans les centres de traitement en toxicomanie. Ça n’a pas de sens. »


Mme Maltais doit aussi bonifier la prestation pour personnes seules.

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