Manifestation contre le règlement P-6: le SPVM confisque la tête d'Anarchopanda

Le SPVM a confirmé avoir confisqué la tête d'Anarchopanda vendredi à l'issue d'une brève manifestation qui s'est soldée par l'interpellation de 279 personnes.
Photo: - Le Devoir Le SPVM a confirmé avoir confisqué la tête d'Anarchopanda vendredi à l'issue d'une brève manifestation qui s'est soldée par l'interpellation de 279 personnes.

Anarchopanda, la figure symbolique des manifestations étudiantes, a confirmé au Devoir que sa tête s'est vue confisquée par le SPVM lors d'un bref rassemblement qui visait à dénoncer le règlement P-6 au centre-ville de Montréal, vendredi soir.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a par ailleurs admis avoir saisi la tête du célèbre costume d'ours ce samedi à La Presse canadienne.

Anarchopanda, qui conteste en Cour supérieure la validité constitutionnelle du règlement antimasque de la Ville de Montréal depuis juin 2012, a aussi écrit sur son compte Facebook un message adressé au SPVM: «Vous pensez que décapiter un panda et voler sa tête vous donnera la paix? Vous n’avez vraiment, mais vraiment rien compris.»

Les Montréalais ne peuvent plus, depuis le 18 mai 2012, avoir le visage couvert sans «motif raisonnable» et doivent informer d’avance, s’ils veulent manifester, le SPVM de leur trajet, sous peine de lourdes amendes, soit de 637$. C'est aux policiers de déterminer si le port du masque sur la place publique est justifié ou non. Cette application variable est un des points qui soulèvent le plus de critiques de part et d'autre, et encore davantage depuis la recrudescence des arrestations de masse le 15 mars dernier.

Vendredi, près de 280 personnes ont été interpellées en vertu de ces règlements municipaux, dont le panda symbolique. Cette manifestation, qui visait justement à dénoncer le règlement P-6 de la Ville de Montréal, a rapidement été interrompue par les autorités policières.

Plusieurs dizaines de personnes s'étaient réunies au parc Émilie-Gamelin à 18h, mais parce que les manifestants n'ont pas présenté l'itinéraire, les policiers du SPVM ont aussitôt déclaré le rassemblement illégal.

Et quelques instants à peine après que les participants eussent pris la rue, soit vers 18h40, les policiers les ont encerclés dans une souricière sur le boulevard Maisonneuve, entre les rues Saint-Hubert et Berri. Des journalistes ont fait partie des personnes coincées dans cette interpellation de masse.

Les règlements municipaux encadrant les manifestations ne font pas l'unanimité à l'Assemblée nationale. Québec solidaire juge que les villes de Montréal et de Québec ne devraient pas restreindre à ce point la liberté de réunion, un avis que ne partagent pas le Parti québécois, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec.

Avec La Presse canadienne

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