Règlement P-6 - Autre manifestation, autres interpellations massives

Ce sont 279 manifestants qui ont été interpellés par les policiers vendredi soir.
Photo: - Le Devoir Ce sont 279 manifestants qui ont été interpellés par les policiers vendredi soir.

Les policiers ont cependant laissé les quelques centaines de manifestants tourner autour de la place Émilie-Gamelin une dizaine de minutes avant de mettre fin à la manifestation en vertu du règlement P-6, qui oblige notamment les manifestants à divulguer leur itinéraire aux policiers. « On tourne, on tourne, on tourne, on tourne en rond », rigolaient les manifestants.


Une fois les manifestants encerclés sur la rue Maisonneuve, coin Berri, les policiers ont avancé trois autobus de la STM pour distribuer les contraventions, un manifestant à la fois. « S’ils n’ont pas encore reçu le constat d’infraction, ils le recevront bientôt », confirme le sergent Laurent Gingras, du SPVM. Le règlement municipal prévoit une amende qui s’élève à 637 $.

 

Itinéraire


Également appréhendé, Anarchopanda distribuait les câlins à l’intérieur de la souricière. « Vous pensez que décapiter un panda et voler sa tête vous donnera la paix ? Vous n’avez vraiment, mais vraiment rien compris », écrivait le panda sur sa page Facebook en soirée. Le règlement interdit également de manifester à visage couvert.


Un journaliste de La Presse canadienne ainsi qu’un de La Presse sont aussi restés coincés plusieurs minutes.


L’invitation de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) conviait les opposants au règlement à une « manifestation et désobéissance civile » qu’ils souhaitaient « familiale ». La CLAC a annoncé le 28 mars dernier qu’elle comptait poursuivre les manifestations sans soumettre d’itinéraire pour contester un règlement que plusieurs dénoncent, dont Québec solidaire et des associations de juristes.


« Je peux comprendre les raisons pour lesquelles ils nous demandent de révéler l’itinéraire, mais je ne comprends pas pourquoi la manif devient automatiquement illégale quand on ne le fait pas ! », s’interrogeait Nicole Ebert, venue marcher parmi la foule majoritairement composée de jeunes adultes.

 

Trois arrestations


Les policiers du SPVM ont aussi arrêté trois personnes pour voies de fait. Une jeune femme arrêtée par les policiers sous les yeux des médias ne semblait pas connaître le motif de son arrestation.


La rue Maisonneuve a été fermée entre Saint-Hubert et Berri jusqu’à 21 h 30.

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