Le traumatisme des enfants pourrait être aggravé par le regard des adultes

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	La réaction des enfants à la tuerie dépendra notamment de la réaction de leurs parents.</div>
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick
La réaction des enfants à la tuerie dépendra notamment de la réaction de leurs parents.

La réaction des 53 enfants de la garderie (dont cinq de moins de 18 mois) à la tuerie de vendredi dépendra grandement de la réaction des adultes, signale le psychologue spécialisé dans la psychologie du développement, Hubert Van Gijseghem.

« Si l’enfant a à réagir fortement, il ne faut absolument pas que ce soit le résultat d’une contamination. C’est sûr que quand un enfant voit sa mère en crise, il comprend qu’il vient apparemment de vivre quelque chose de catastrophique, alors qu’il ne l’avait peut-être pas perçu comme ça à l’origine. Les adultes doivent rester cool », lance le psychologue.


« Rester cool », malgré la panique qui règne ? « Il faut penser au bien-être des enfants, et ne pas rendre l’événement plus grave qu’il ne l’a été pour lui. »

 

Cellule de soutien


M. Van Gijseghem souligne que les cellules de soutien psychologique mises sur pied dans les heures qui suivent les drames de ce genre ne sont pas toujours bénéfiques. « On tient très souvent pour acquis qu’il faut absolument “débriefer”. Qu’on doit faire parler les enfants, les faire dessiner, et c’est là qu’on peut amplifier l’événement. Si un enfant a envie d’en parler, ça va, mais les intervenants ne doivent pas tenir pour acquis que c’est le cas. » Selon Radio-Canada, la cellule d’intervention en place à Gatineau a d’ailleurs été fermée en après-midi après n’avoir reçu aucune demande de soutien.


Les adultes touchés par l’événement devraient selon lui aussi pouvoir réagir à leur manière dans les jours qui viennent, même s’il s’agit de ne pas en parler du tout.


Hubert Van Gijseghem voit dans la tuerie, qui a les apparences d’un crime passionnel, la détresse d’une personne en processus de séparation. « Il y a toujours deux êtres blessés pendant une séparation, précise le psychologue. Les blessures causées par une séparation sont à la fois des blessures d’affection et des blessures narcissiques. Elles créent un déséquilibre, surtout quand on a déjà des dispositions [qui nous fragilisent]. On peut être tenté de se venger. »


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Un plan pour éviter le pire ?

« Est-ce que c’est vraiment possible d’éviter ce genre de situation ? Je ne sais pas, mais si c’est possible, il n’est jamais trop tard pour revoir nos pratiques », croit Mona Lisa Borrega, membre du conseil d’administration de l’Association des garderies privées du Québec. Le ministère de la Famille n’exige pas, selon elle, de plan d’intervention en situation d’urgence, mais les garderies sont tout de même tenues d’en avoir un pour répondre aux exigences des services d’incendie locaux. « C’est quelque chose d’assez récent… Depuis peut-être cinq ans, la structure est en train de se faire. » Sur son site, le ministère propose un Plan de sécurité incendie et de mesures d’urgence daté de 2011. Pour Mme Borrega, le personnel de la garderie Les racines de vie a agi de façon exemplaire. « C’est ce qu’il faut faire : compter les enfants, et les sortir de là rapidement. »

1 commentaire
  • Martine Fortin - Inscrite 7 avril 2013 11 h 45

    Mon psy me l'a déjà dit, mais...

    les parents ne le savent pas. Leurs réactions (les parents) sera plus importante que l'évennement tel quel, aux yeux des enfants. Il me disait que beaucoup d'interventions sont rendus nécessaires à la suite de l'incompétence des parents; qui ont fait une montagne avec une colline.