Quatre suspects comparaissent après la spectaculaire évasion de Saint-Jérôme

Les deux détenus qui se sont évadés de façon spectaculaire en hélicoptère, Benjamin Hudon-Barbeau et Dany Provençal, pourraient faire face à des accusations de tentative de meurtre.

Benoît Richard, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), a en effet indiqué lors d'un point de presse lundi que la police et les deux fugitifs avaient échangé des coups de feu à un chalet de Chertsey, dans Lanaudière, à une cinquantaine de kilomètres au nord du centre de détention, où les hommes avaient été retracés.

Les suspects ont ouvert le feu sur la police, qui a répliqué, mais personne n'a été touché. Les occupants du chalet ont pu fuir sans encombre.

En plein jour


Hudon-Barbeau, âgé de 36 ans, et Provençal, âgé de 33 ans, ont réalisé leur spectaculaire coup d'éclat en plein jour, vers 14 h 20 dimanche. Ils avaient réussi à s'accrocher à un hélicoptère qui aurait été détourné jusqu'à la prison par deux complices. Ils se sont enfuis de la cour à l'aide de cordes larguées de l'hélicoptère.

«Les suspects ont simplement pris les cordes dans leurs mains et ont commencé à s'enfuir», a décrit M. Richard, selon le récit des gardiens de la prison.

L'hélicoptère a été retrouvé 85 kilomètres plus loin à Mont-Tremblant, mais seul le pilote était toujours sur les lieux. Il a été soigné pour un choc nerveux à l'hôpital, et il est considéré comme un témoin important dans l'affaire.

La liberté des fugitifs a été de courte durée: la police les a rapidement repérés dans un chalet à Chertsey. Vers 20 h 30, environ six heures après leur fuite, la police a confirmé avoir arrêté Benjamin Hudon-Barbeau et deux autres suspects. Un des membres du trio, qui s'était enfui, a été localisé aux abords d'une route par des patrouilleurs et s'est rendu sans offrir de résistance.

L'autre détenu en cavale, Dany Provençal, a été localisé en milieu de soirée. Il s'est finalement rendu à la Sûreté du Québec pendant la nuit, sans résister à son arrestation.

Les quatre suspects devraient faire face, selon le cas, à des accusations de détournement d'aéronef, d'évasion, de tentative de meurtre, d'avoir braqué une arme à feu, de possession d'une arme à autorisation restreinte et d'introduction par effraction, notamment.

En novembre dernier, Hudon-Barbeau avait été arrêté lors d'une intervention policière liée à deux meurtres commis quelques semaines plus tôt dans la région des Laurentides. L'homme originaire de Val-David avait été accusé de possession non autorisée d'une arme à feu à autorisation restreinte chargée, et d'avoir omis de se conformer à deux ordonnances de la cour.

Du jamais vu


L'évasion a été si spectaculaire que le directeur général adjoint des Services correctionnels pour l'ouest du Québec, Yves Galarneau, a admis n'avoir jamais vu une telle manoeuvre en 33 ans de carrière.

Précisant que les deux détenus évadés s'étaient agrippés à l'hélicoptère alors qu'ils prenaient part à une sortie "normale" des détenus, il a avoué qu'il n'existait pas d'équipements pour empêcher une évasion par la voie des airs.

"Quand les employés ont entendu l'hélicoptère et l'ont vu à si basse altitude, ils ont commencé à réagir", a expliqué M. Galarneau, lors d'un point de presse tenu en début de soirée.

Il n'a pas non plus été en mesure de dire s'il existe des normes de survol des prisons québécoises, comme c'est le cas pour les pénitenciers fédéraux. "Comme c'est un événement exceptionnel et unique, du moins dans ma carrière, le tout fera l'objet d'une analyse très sérieuse."

Ce n'est pas la première fois que la prison de Saint-Jérôme est le théâtre d'un incident. Il y a un peu plus d'un mois, un début d'émeute avait nécessité une intervention tactique du personnel dans ce même établissement. L'événement avait alors été provoqué par une douzaine de détenus.

Le personnel de l'établissement avait dû utiliser du poivre de Cayenne, notamment, pour disperser les prisonniers. Les policiers avaient également été sollicités afin de sécuriser l'extérieur de la prison, dans laquelle devaient se trouver quelque 480 détenus.

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