TV5 Québec Canada - Une nouvelle chaîne de télé pancanadienne?

Florence Sara G. Ferraris Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La Francophonie est-elle assez présente sur les ondes télévisuelles québécoises et canadiennes ? La réponse varie selon la personne qui se trouve devant la télévision, avance la présidente-directrice générale de TV5 Québec Canada, Suzanne Gouin. « Pour les francophones hors Québec, et même juste pour ceux qui ne sont pas de la région de Montréal, cette Francophonie existe, mais souvent, elle ne les représente pas. On ne peut pas dire qu’ils se retrouvent beaucoup sur leur écran. »


C’est pour pallier cette lacune que l’entreprise à but non lucratif a déposé, en mai dernier, une requête de modification de licence auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC). Elle souhaite mettre sur pied un nouveau pendant à sa chaîne actuelle - la chaîne UNIS - ayant pour mandat d’« unir la Francophonie » pancanadienne en offrant un contenu produit à 100 % pour et par les francophones d’un océan à l’autre.


À l’heure actuelle, Radio-Canada est la seule, avec ses 20 stations, à offrir un tel service au-delà des frontières québécoises. En effet, 11 d’entre elles se trouvent à l’extérieur du Québec. Pourtant, la demande est grandissante au sein des communautés francophones minoritaires.


Selon un sondage commandé par TV5 Québec Canada, 90 % des personnes interrogées seraient « probablement ou certainement intéressées » à regarder une chaîne comme celle que souhaite mettre sur pied l’équipe de Suzanne Gouin. Actuellement, les émissions produites au Canada diffusées sur les ondes de TV5 Québec Canada représentent 20 % de leur programmation. « Face à la demande, nous avons essayé de modifier notre ratio, précise celle qui est la tête de TV5 Québec Canada depuis août 2002. Mais chaque fois, notre public réagissait en mettant de l’avant notre unicité en matière de contenu international à saveur francophone. »


Car même si Radio-Canada commence à offrir du contenu international sur sa plateforme Web et à Tou.tv, celui-ci demeure essentiellement produit au Canada et diffusé sur les ondes traditionnelles. C’est dans ce contexte que l’idée d’une chaîne pancanadienne a vu le jour. « Nous souhaitons offrir un contenu varié qui n’empiétera pas sur ce qui existe déjà, nous voulons être complémentaires. »


C’est ce qui explique que la société d’État est plutôt réceptive à la mise sur pied d’une chaîne privée pancanadienne à vocation francophone. Dans une lettre soumise au CRTC par Radio-Canada le 27 février dernier, la directrice aux affaires réglementaires écrivait que « la Société est favorable aux initiatives qui auraient pour effet d’augmenter le reflet des communautés francophones en situation minoritaire et la production indépendante de langue française hors Québec ». L’assurance d’une complémentarité aux services existants est également un préalable exigé par la chaîne publique.


Le CRTC devrait rendre sa décision en juin. Si tout se passe bien, l’équipe sera prête à présenter le nouveau TV5 au printemps de l’année suivante. Dans la même veine, le Conseil devra également rendre une décision concernant une autre chaîne du même genre, Accents, produite par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures.


 

Collaboratrice