Ensemble, mais séparés

Les nouveaux couples qui se forment dans la génération des baby-boomers choisissent de plus en plus de vivre séparés. Selon l’étude Vivre en couple chacun chez soi rendue publique par Statistique Canada mardi, 1,9 million de Canadiens déclarent faire partie d’un couple sans pour autant partager l’adresse de leur conjoint. Une réalité qui prend de l’ampleur chez les gens âgés de plus de 60 ans.

« On compte davantage de divorces chez ce groupe d’âge, explique Martin Turcotte, analyste principal pour Statistique Canada et responsable de l’étude. Après avoir passé des années à vivre seul, on peut supposer que, comme individu, ils n’ont pas envie de bousculer leur quotidien en déménageant avec leur nouveau partenaire. »


Caroline et son amoureux, bien que plus jeunes, font partie de ces couples qui choisissent de préserver leur indépendance en faisant chambre à part, dans le sens large du terme. La trentenaire, qui refuse de dévoiler son véritable nom, se considère comme une vieille fille avec ses habitudes et son besoin de solitude. « Mes années de colocation sont loin derrière moi, dit-elle en riant. J’aime vivre seule. »


Dans le but de préserver la magie des débuts, le couple a donc préféré garder une distance et se donner rendez-vous lorsque le temps le permet. Malgré tout, la possibilité de faire un jour vie commune n’est pas exclue définitivement. « On a toute notre vie ensemble, pourquoi précipiter les choses. »


Le couple fait toutefois figure d’exception. En effet, selon le rapport de Statistique Canada, près de la moitié (48 %) des adultes qui vivent séparément évoquent plutôt des contraintes hors de leur contrôle pour justifier le fait qu’ils n’habitent pas ensemble. « Ils ne vivent pas dans la même ville à cause de leur travail ou n’ont pas les ressources financières nécessaires », explique Martin Turcotte. Parfois, ils ne sont tout simplement pas encore prêts à faire le saut, comme c’est le cas de 39 % des couples vivant séparés. La tendance est encore plus forte chez les plus jeunes. « Près de 80 % des moins de 30 ans envisagent un jour vivre en couple », lance l’analyste. Pour eux, ce qui vient avant est transitoire. »


Éviter la cohabitation demeure marginal peu importe le statut matrimonial. En effet, seulement 7 % des Canadiens optent pour ce mode de vie, soit une diminution de 1 % depuis 10 ans.