Comment sera élu le futur pape


	Les 115 cardinaux électeurs ont tous été nommés soit par Jean-Paul II, soit par Benoît XVI.
Photo: Agence France-Presse (photo)
Les 115 cardinaux électeurs ont tous été nommés soit par Jean-Paul II, soit par Benoît XVI.

Benedictus Sextus Decimus, Benoît XVI, quoi, était le 265e souverain pontife. Il aura dirigé l’Église du 9 avril 2005 au 28 février 2013.

Il appartient à un conclave de désigner un nouveau pape pendant la période de vacance du Siège apostolique. Le terme latin cum clave (« avec clé ») rappelle la réunion à huis clos des cardinaux électeurs. Selon la croyance, le Saint-Esprit désigne chacun des successeurs de Pierre. Les candidats intéressés ne doivent donc pas manifester leur intérêt et théoriquement tout homme vivant baptisé peut prétendre au pontificat. Depuis des siècles, l’élu appartient au collège cardinalice.


L’élection donne lieu à une lutte feutrée et à des campagnes en sourdine. Les favoris ne l’emportent pas nécessairement, et « qui entre pape au conclave en ressort cardinal », selon une formule usuelle. Jean-Paul II fut un candidat de compromis. Selon une rumeur persistante, Benoît XVI fut lui-même un deuxième choix, un premier candidat élu ayant refusé la charge.


La constitution apostolique prévoit l’ouverture d’un conclave entre 15 et 20 jours après le début de la période de vacance du siège. Le pape démissionnaire a publié un décret (motu proprio) permettant d’anticiper ces délais. Avant de se réunir en conclave, les cardinaux se rassemblent en congrégations générales. Ces organismes permanents de la curie romaine sont constitués thématiquement (éducation catholique, doctrine de la foi, etc.). Les congrégations inaugurées vendredi pourraient donc décider de devancer le conclave avant le 15 mars. Il est aussi possible que les cardinaux jaugent longuement les problèmes de l’Église avant de se lancer dans le choix d’un guide suprême.


L’Église catholique compte 207 cardinaux, dont 117 électeurs de par leur âge, c’est-à-dire moins de 80 ans. Soixante-sept d’entre eux ont été choisis par Benoît XVI. Le nombre maximal d’électeurs est fixé à 120.


Les votes secrets se tiennent le matin et l’après-midi. À chaque séance, le conclave vote deux fois de suite si le premier scrutin n’est pas concluant, pour un total potentiel de quatre tours quotidiens. Si un candidat attire la majorité requise, le doyen du collège des cardinaux, traditionnellement l’évêque d’Ostie, un des diocèses suburbicaires de Rome, lui demande s’il accepte le résultat et par quel nom il souhaite être connu.


Les bulletins de vote sont brûlés. Une fumée noire désigne un résultat non concluant. Une fumée blanche annonce l’élection d’un nouveau pape et la fin du conclave. La dernière réunion « cum clave », en 2005, a duré quatre jours. Les six conclaves du XXe siècle ont duré moins de huit jours en moyenne.


Le cardinal protodiacre, doyen d’ancienneté des titulaires d’une diaconie romaine, se montre au balcon central de la basilique Saint-Pierre. Il prononce la célèbre formule : habemus papam. L’élu se montre à la ville et au monde, urbi et orbi.

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