CUSM : l’UPAC délivre cinq mandats d’arrêt

Pierre Duhaime
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Pierre Duhaime

L’étau se resserre autour des présumés acteurs du scandale financier du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), parmi lesquels l’ancien p.-d.g. de l’établissement, le Dr Arthur Porter. La Sûreté du Québec a ainsi procédé mercredi à l’arrestation de Yanaï Elbaz, l’un des cinq individus visés par des mandats d’arrestation lancés en matinée.

Ancien bras droit d’Arthur Porter, Yanaï Elbaz fait notamment face à des accusations de fraude, de complot pour fraude, de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance et de recyclage des produits de la criminalité. Gardé en détention, M. Elbaz comparaîtra jeudi matin.


Cette arrestation fait suite à l’annonce, mercredi matin, par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), du lancement de cinq mandats d’arrestation visant Arthur Porter et Yanaï Elbaz, ainsi que Jeremy Morris, de la firme Sierra Asset Management, Pierre Duhaime, ex-p.-d.g. de SNC-Lavalin, et Riadh Ben Aïssa, ancien vice-président chez SNC-Lavalin.


Parmi les 24 chefs d’accusation portés contre eux figurent notamment ceux de fraude, de complot pour fraude, de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance et de recyclage des produits de la criminalité.


Sous le soleil des Bahamas


Arthur Porter, qui a piloté l’important chantier du CUSM de 2004 à 2011, vit aux Bahamas, tout comme Jeremy Morris, administrateur d’une firme soupçonnée d’avoir servi d’intermédiaire pour le versement de pots-de-vin, mais des procédures d’extradition seraient en cours, a indiqué Anne-Frédérick Laurence, porte-parole de l’UPAC.


De son côté, Pierre Duhaime a quitté SNC-Lavalin en mars 2012 - avec une indemnité de départ de cinq millions de dollars dont le versement a été interrompu par la suite - lorsque l’existence des paiements douteux totalisant 56 millions de dollars à des agents commerciaux ont été découverts. Il a été arrêté le 28 novembre dernier par l’escouade Marteau et accusé de complot, de fraude et d’usage de faux. Les policiers l’avaient remis en liberté sous condition de remettre son passeport et de rester au Québec.


Quant à Ben Aïssa, il est présentement détenu en Suisse, où il fait face à des accusations de corruption, d’escroquerie, de blanchiment d’argent relativement à des projets en Afrique du Nord.


L’UPAC a précisé que, dans les cas de Pierre Duhaime et de Riadh Ben Aïssa, il s’agissait de nouvelles accusations criminelles autorisées par le Bureau de lutte contre la corruption et la malversation.


Contrat de 1,3 milliard


Arthur Porter était dans la mire de l’escouade Marteau depuis plusieurs mois à cause de paiements douteux de 22,5 millions de dollars autorisés par des dirigeants de SNC-Lavalin pour l’obtention d’un contrat au CUSM. Le Dr Porter dirige maintenant un centre d’oncologie aux Bahamas et serait atteint d’un cancer des poumons pour lequel il suivrait des traitements. Lors d’une entrevue accordée au réseau CBC le mois dernier, le Dr Porter avait nié avoir reçu des pots-de-vin dans le dossier du CUSM.


Rappelons que le contrat de 1,3 milliard de dollars pour la construction du CHUM a été accordé en juillet 2010 au Groupe immobilier santé McGill (GISM) formé de SNC-Lavalin et de l’entreprise britannique Innisfree, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). En septembre dernier, l’UPAC avait effectué des perquisitions chez Infrastructure Québec ainsi qu’aux bureaux administratifs du CUSM.


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Avec La Presse canadienne