Le pape appelle l’Église à «se réorienter»

Le pape a prononcé son avant-dernier angélus devant une foule compacte, qui brandissait des banderoles affectueuses.
Photo: Agence France-Presse (photo) Gabriel Bouys Le pape a prononcé son avant-dernier angélus devant une foule compacte, qui brandissait des banderoles affectueuses.

Le pape Benoît XVI a appelé dimanche l’Église à « se réorienter » et à se « renouveler » devant une foule de plus de 50 000 personnes rassemblées pour l’avant-dernier angélus précédant sa démission programmée pour le 28 février. « L’Église appelle tous ses membres à se renouveler et à se réorienter de manière décidée vers Dieu en reniant l’orgueil et l’égoïsme », a lancé le pape depuis ses appartements du palais apostolique donnant sur la place Saint-Pierre.

Plus de 50 000 personnes se pressaient sous ses fenêtres, selon le Vatican, plus de 100 000 selon la mairie de Rome, qui avait fermé à la circulation la Via della Conciliazione, la large avenue qui mène au Vatican. Lorsque le pape est apparu, la foule, formée en majorité d’Italiens, a hurlé « Benedetto » en italien. De nombreux fidèles et curieux prenaient des clichés avec leurs téléphones portables pour immortaliser ce moment historique. Les participants, beaucoup de familles, de retraités et de religieuses, agitaient des pancartes disant : « grazie » ou « danke » (merci en italien et en allemand). « Nous t’aimons énormément », avaient écrit des scouts sur leur banderole.


Imperturbable, le pape allemand vêtu et coiffé sobrement de blanc a appelé à ne pas « avoir peur » d’affronter « le combat contre l’esprit du mal », « à repousser les tentations […] et à remettre Dieu au centre de notre vie ». Des mots que certains ont interprétés comme une référence à la crise de l’Église face au monde moderne et aux tensions au sein de la Curie.


Sans revenir sur les raisons qui l’ont poussé à partir, le pape a remercié les fidèles d’être « aussi nombreux » à manifester leur « affection et proximité spirituelle en ces jours ». Sa décision n’a qu’un seul précédent historique : la renonciation de Célestin V en 1294, retourné à sa vie de moine ermite, cinq mois après avoir été élu pape.


À la fin de l’angélus, les cloches de Saint-Pierre se sont mises à sonner à toute volée, pendant que les fidèles s’éloignaient comme à regret de la majestueuse place délimitée par les colonnes du Bernin.

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