Glissement de terrain à L’Épiphanie : une enquête est ouverte

La Sûreté du Québec (SQ) et la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) ont ouvert une enquête sur le glissement de terrain mortel qui s’est produit, la semaine dernière, dans la carrière de L’Épiphanie, dans Lanaudière.


Maintenant que les recherches ont pris fin, les enquêteurs tenteront de déterminer les causes de cet accident, a affirmé dimanche Gregory Gomez, porte-parole de la SQ.


Les corps de deux travailleurs, un homme et une femme, ont été extirpés samedi de la carrière, quatre jours après le glissement de terrain.


La police provinciale se penchera sur la façon dont l’entreprise Maskimo s’assurait du respect des règles de sécurité appropriées. La SQ a déjà effectué des analyses sur les lieux et dans la cavité où ont été retrouvées les dépouilles. Les enquêteurs tenteront d’établir la séquence des événements et de déterminer s’il y a eu négligence criminelle, a dit Gregory Gomez.


L’homme qui a perdu la vie dans cette tragédie est Daniel Brisebois, 54 ans. Les policiers n’ont pas encore officiellement identifié la seconde victime, mais il s’agirait vraisemblablement de Marie-Claude Laporte. Les conditions vaseuses du sol ont compliqué le travail des secouristes.


Un troisième travailleur, Benoît Robert, qui a survécu à l’affaissement, avait été secouru de la carrière par hélicoptère le jour de la tragédie.


Une sanction en 2008


L’entreprise qui exploite la carrière de L’Épiphanie a été sanctionnée dans le passé : Maskimo a en effet été mise à l’amende en 2008. L’enquête portant sur un travailleur qui s’était retrouvé sous les roues d’un camion sur un chantier de construction avait permis de déterminer que l’entrepreneur n’avait pas suivi les normes en matière de sécurité.


Maskimo a tenu une conférence de presse, samedi, afin d’offrir ses condoléances aux familles des victimes. L’entreprise en a profité pour assurer qu’elle collaborerait pleinement avec les enquêteurs.


Lorsque Benoît Robert s’est entretenu avec les journalistes, jeudi dernier, il a affirmé qu’il ne blâmait pas l’entreprise.


Des travailleurs de l’entreprise et des spécialistes en géologie seront interrogés dans le cadre de cette enquête, a indiqué Jacques Nadeau, porte-parole de la CSST.


« Nous devrons nous pencher sur les antécédents de l’entreprise, mais chaque événement est unique », a-t-il déclaré, précisant que l’enquête devrait durer environ six mois.


Selon M. Nadeau, il existe environ trente carrières en exploitation au Québec, et aucune d’entre elles n’a été le théâtre d’un événement du genre.