Phase V du Quai de la Commune dans le Vieux-Montréal - Une reconversion industrielle sous le signe du béton

Source: Groupe Prével.
Photo: Source: Groupe Prével.

En novembre prochain, l'un des plus audacieux projets de reconversion industrielle à avoir été élaboré à Montréal s'achèvera. La phase V du Quai de la Commune pourra accueillir ses nouveaux locataires dans 90 lofts répartis sur huit étages. Ils s'ajouteront aux 260 autres lofts résidentiels que le promoteur immobilier Prével a construits depuis 1996 dans le cadre du projet implanté dans le Vieux-Montréal.

Quelque 350 lofts situés dans le petit quadrilatère formé par les rues Wellington, des Soeurs-grises, De la Commune et King ont véritablement contribué à la renaissance du Vieux-Montréal et du secteur du Faubourg des Récollets. «C'était vraiment un environnement déstructuré. On avait devant nous deux bâtiments: des anciens entrepôts à grains du port qui étaient abandonnés depuis longtemps, explique le promoteur de Prével, Jacques Vincent; l'idée, c'était qu'on avait un emplacement d'intérêt à proximité du Vieux-Port et du centre-ville.» Il a finalement réussi à attirer plus de 600 personnes dans ce quartier avant tout industriel. Jonathan Sigler, son partenaire dans l'aventure, et lui se sont inspirés des projets de reconversion industrielle du Quartier des quais à Londres et des quartiers Tribeca et Soho à New York.

Ils ont su complètement tirer profit de ce qui se retrouvait dans ces vieux entrepôts à grains. «On a utilisé des surhauteurs. Les plafonds mesurent entre 12 et 14 pieds. On a exposé le béton, les colonnes. Il y a une grande fenestration. La lumière entre d'une façon abondante, décrit Jacques Vincent. C'étaient des bâtiments qui n'avaient pas été construits pour le résidentiel, alors on avait des surprofondeurs. On a utilisé des principes de podiums dans des espaces ouverts pour faire des chambres surélevées et ainsi les isoler du reste de l'appartement.» Les unités de logement ont entre 850 et 2500 pi2. Ceux qui offrent une vue sur le fleuve sont les plus grands.

Si les deux premières phases ont été réalisées à partir d'anciens bâtiments, les trois dernières, elles, consistent en des lofts entièrement neufs construits avec des matériaux bruts de type industriel. Dans les logements de la phase V par exemple, les conduits de ventilation et les tuyaux des gicleurs sont apparents. La finition n'est pas constituée de boiseries, mais plutôt de pierres, de béton et de briques. «On savait que ça ne plairait pas à tout le monde. La clientèle qu'on visait au départ n'était pas si nombreuse, mais il y en avait une», se souvient le promoteur.

Le groupe Prével a vu juste puisqu'à l'heure actuelle, tout est vendu. Le prix d'un logement du Quai de la Commune a cependant varié au fil du temps. «Comme on a commencé dans un environnement déstructuré, il y avait une prime pour ceux qui acceptaient de venir. Les premiers ont payé environ 90 000 $; aujourd'hui, le même logement se vend 180 000 $», note-t-il.

Les premiers résidants étaient des gens du milieu artistique tels des concepteurs, des publicistes ou encore des cinéastes. Ceux de la troisième phase sont plus fortunés, car ils ont payé une prime pour avoir une vue sur le Vieux-Port. Jacques Vincent les qualifie d'«empty nesters», soit des personnes dans la cinquantaine qui font un retour à la ville depuis que leurs enfants ont quitté le nid. Les clients de la phase V ont, quant à eux, une vue sur un bâtiment désaffecté. Cette dernière phase s'adresse donc à une clientèle plus jeune, plus avant-gardiste, mais avec un revenu assez élevé.

Rien n'a été prévu pour accueillir des enfants. Ni épicerie ni école ne se trouvent à proximité. L'utilisation de la voiture est donc de mise. C'est pourquoi les promoteurs ont prévu 300 places de stationnement souterrain lors de la construction des différentes phases. Ils ont aussi construit une piscine sur chacun des toits des bâtiments.

Prével, né d'un partenariat entre les Constructeurs I&S et le Groupe immobilier Prével, a gagné le prix Domus pour l'ensemble du projet du Quai de la Commune et celui du Constructeur de l'année, remis par l'Association des constructeurs du Québec. Il est à l'origine de nombreux autres projets résidentiels comme le projet Époques de la rue Sainte-Hélène, composé de 65 unités de style loft en reconversion, toujours situées dans le Vieux-Montréal.