Procès Lacerte-Rosenberg-Werzberger - Problèmes de voisinage au menu de la Cour

Les problèmes de voisinage à Outremont ont figuré au menu de la quatrième journée du procès civil opposant trois membres de la communauté hassidique et le blogueur Pierre Lacerte.


Jean-Marc Corbeil est le voisin de Pierre Lacerte, qui est poursuivi pour 375 000 $ par Michael Rosenberg, son fils Martin et Alex Werzberger. Témoin de la défense, M. Corbeil a décrit les nuisances causées par la présence de la synagogue située en face de chez lui que fréquentent les Rosenberg.


À compter de 2004, de nombreux travaux ont été effectués à la synagogue, et ce, sans permis, a-t-il allégué. Le bruit, l’achalandage accru constaté à la synagogue et le passage fréquent d’autobus intercités ont contribué à troubler la quiétude de ce secteur résidentiel. Les Rosenberg avaient aussi l’habitude de stationner leur véhicule en double, ce qui causait des bouchons de circulation, a-t-il dit.


M. Corbeil a également évoqué la fête à caractère religieux, qui, en octobre 2009, avait attiré une foule de plus de 700 personnes dans la rue. Prises individuellement, ces nuisances semblent anodines, mais ensemble, « elles diminuent largement la qualité de vie », a indiqué M. Corbeil à la juge Claude Dallaire.


Ironie peu appréciée


Les trois hommes d’affaires qui ont intenté une poursuite contre Pierre Lacerte l’accusent de harcèlement, d’atteinte à la vie privée et de diffamation. Selon eux, Pierre Lacerte tient des propos antisémites sur le blogue qu’il a créé en 2007 en les prenant pour cible et en ridiculisant la communauté hassidique d’Outremont.


En contre-interrogatoire, M. Lacerte a d’ailleurs dû se défendre du vocabulaire et du ton utilisés dans son blogue, parsemé de références bibliques. Me Julius Grey a passé en revue les propos jugés diffamatoires par les requérants et les descriptions peu flatteuses tirées du blogue, dont « intégristes », « fanatiques » et « barbus à redingote qui se croient tout permis ». « C’est ironique, humoristique, c’est piquant, a rétorqué Pierre Lacerte. Mais ça fait trois ans que je me farcis des poursuites et que je me fais traiter d’antisémite. C’est vrai qu’il y a un peu d’amertume. »


Les quatre jours d’audience prévus pour ce procès n’ayant pas suffi, les parties se retrouveront le 30 janvier prochain pour les plaidoiries.

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